‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 61 sur 373 · Correspondance de Rome, t. CCLXXXVI, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLXXXVI, p

fort sujet à boire », et qu'un tel homme ne pourrait pas ébranler « la force que les maximes des Français avaient dans l'antiquité et dans la tradition ». Mais, loin de se rendre à cette observation, le pape fut de plus en plus piqué de la censure infligée à Paris à l'écrit de cet archevêque1.

La cabale de Venise ayant écrit à la cabale de Rome que les docteurs de l'université de Douai, rebelles à l'édit du ro^ avaient été frappés d'interdit et de privation de leurs traitements2, Casoni communiqua cette nouvelle au pape, qui accusa alors les Français de violer la suspension et de se contredire, puisqu'ils avouaient que ces propositions étaient « indifférentes à la foi ». Le pape froissé alla plus loin, et chargea le cardinal Cibo d'avertir le cardinal d'Estrées qu'il croyait devoir ne plus garder de ménagement. Le cardinal d'Estrées répliqua et prouva que la suspension avait été violée non par la France, mais par le pape 3.

La faculté de théologie de Paris, qui délibérait depuis le 1er mars sur les écrits papistes qui lui avaient été soumis,rendit, le 19 mai, son avis doctrinal ; elle censura la proposition qui faisait du pape le juge suprême des controverses, en tant qu'elle enlevait aux évêques le titre de juges de la foi, titre qu'ils possèdent de droit divin. Cette nouvelle fut envoyée le 24 par le roi au cardinal d'Estrées, qui ne tarda pas à constater que la cabale, à Rome, était furieuse du mot censure. « Je leur ai fait voir, écrivit- il, en comparant la préface avec l'article dressé par la faculté de Paris et publié contre Luther en 1542, qu'elle contenait quelque chose de plus fort et de plus exprès à l'avantage du saint siège. » Toutefois, le cardinal avouait « que le pape irrité pourrait bien censurer à son tour les quatre articles 4; qu'il attendait avec impa-

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