‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 65 sur 373 · id.,p · texte numérisé non relu

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Le cardinal d'Estrées trouva « faible » la petite dissertation de Scelestrat (Scheelstrate), et il remarqua àcette occasion que les théologiens, à Rome, « élevaient souvent des bagatelles ». k Depuis la nouvelle du décret de l'inquisition d'Espagne contre les opinions du clergé, on a tâché, dit-il encore, d'encourager le pape à les condamner. On lui faisait insinuer, selon le plan dont j'ai informé Votre Majesté l'année passée, qu'ayant quelques condamnations pareilles d'Allemagne et faisant parier les universités d'Italie comme il le peut facilement, les théologiensdeFlandreétantdivisés, quelque déclaration qu'il pût faire, elle serait soutenue de sa propre autorité et de plusieurs nations contre la nôtre, qu'on lui suppose n'être pas uniforme, au moins du côté des réguliers. Ces vues flattent son chagrin et réveillent un peu ses désirs de censures, qui paraissent depuis longtemps fort amortis1. » Le 24 août, le cardinal d'Estrées manda au roi que l'arrêt du parlement, imprimé depuis peu avec les conclusions de M. Talon contre l'archevêque de Strigonie, avait augmenté le ressentiment du pape, et que, depuis trois jours, « le pape avait chargé de nouveaux théologiens d'écrire sur ces matières2. » Le 7 septembre, il ajouta : « Le bruit des conclusions de M. Talon sur la censure de Strigonie s'est amorti plutôt que je ne le pensais; mais on doit tenir pour indubitable que, si cette cour se voyait quelque jour plus libre, tout cela ressusciterait3. » Et le 21 : « On a reparlé depuis six jours avec aigreur sur les conclusions de M. Talon4. »

. Le cardinal Lauria ayant composé un écrit pour prouver que la censure de l'archevêque de Strigonie par la Sorbonne n'était pas censurable, le cardinal Ludovisio, dont le jugement sans artifice impressionnait souvent le pape,

1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 3 août 1683 (Correspondance de Rome, t. GCLXXXIX, p. 51-56).

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