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représenta à ce dernier que ses propres créatures abandonnaient ses intérêts, en voulant s'acquérir, en vue du pontificat, des protecteurs dans les autres factions plus puissantes que celle de Sa Sainteté, etque, par conséquent, c'était un devoir pour le pape de donner un chef à sa faction, s'il ne voulait pas qu'elle devînt la proie des autres1. Donc on voulait faire passer Lauria pour un traître et un ambitieux, uniquement parce qu'il était partisan des (juatre articles. Au lieu de réfuter par des raisons sérieuses, on injuriait grossièrement; c'était un procédé érigé en méthode; Servient le signala en ces termes à Croissy, le 28 septembre : « On raconte que l'archevêque de Toulouse a été comme privé de sens pendant plusieurs mois, et l'archevêque de Paris et le Père confesseur consternés parles agitations qu'ils avaient vues dans le roi même, quand le pape paraissait se fixer à la constitution ; que Dieu commence à se lasser et à prendre la cause du pape et des princes persécutés, » etc. La cabale assurait le pape que, s'il voulait l'aider, elle aurait terminé en deux ans, à son profit, toutes les affaires de France2.
A la date du 19 octobre, Servient écrivit que le parti des mal intentionnés s'aigrissait de jour en jour et passionnait le pape3. Le duc raconta au roi « que, le nonce ayant mandé à Rome que l'on n'avait pas voulu recevoir en Sorbonne un ecclésiastique avignonnais docteur, qu'il ne signât les propositions de l'assemblée du clergé, Sa Sainteté était entrée dans un si grand emportement, disant : Fanno délie novita in Francia, nonne faciamo nessuna'*. » Or, c'est ce même temps que l'évêque Le Camus de Grenoble choisissait pour écrire, d'après Casoni, au cardinal d'Estrées, que « le pape ne songeait plus à
1. Servient à Croissy, le 21 septembre 1683 {Correspondance de Rome, t. CCLXXXVI, p. 287-290).