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avaient été présentées en 1681 à l'inquisition de Madrid, puis renvoyées par ordre du roi d'Espagne à l'inquisition de Rome. Une commission de neuf théologiens romains les examina; une de ces propositions fut traitée par les uns de « schismatique et erronée », par les autres de « voisine de l'hérésie ». Au commencement de décembre 1683, la camarilla organisa une congrégation particulière, sous prétexte d'entendre les avis des consulteurs, mais en réalité pour faciliter la condamnation des doctrines du clergé de France *. Le cardinal d'Estrées déclara alors aux cardinaux « que, si l'on voulait noter doctrinalement les propositions, on soulèverait tout le royaume contre la cour de Rome, et que ceux qui ont paru à leur gré plus modérés seraient aussi vifs que les autres. » Le cardinal engagea en même temps le roi à faire connaître au pape par le nonce les fâcheuses conséquences qu'entraînerait une condamnation des doctrines de France 2.
On imagina en même temps de condamner un ouvrage de Noël Alexandre dans lequel la doctrine de l'assemblée était contenue. Servient, en effet, manda à Croissy, le 30 novembre, que, la semaine passée, une congrégation extraordinaire s'était tenue chez le cardinal Ottoboni; qu'on y avait vu Azzolini,Casanatta, Lauria et le secrétaire Casoni ; que, pour dépister, on avait fait courir de faux bruits sur les motifs de cette convocation. Mais Servient s'assura « qu'après avoir défendu (prohibé) deux livres particuliers où les propositions peuvent être contenues, on y défendait tous autres livres, ou feuilles volantes, où elles pourraient être imprimées; en sorte que les résultats imprimés de l'assemblée du clergé de France étaient compris dans cette généralité. » Par ce stratagème, on condamnait les propositions sans parler directement de l'assemblée. Mais plusieurs assistants trouvèrent que ce n'était pas
1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 30 novembre 1683 {Cotrespondance de Rome, t. CGLXXXIX, p. 235-243).