ibid., t. CCLXXXIX, p
dit au pape que les propositions avaient été suscitées par les jansénistes et qu'il ne les avait pas enseignées. « Sa Sainteté lui répliqua qu'elles n'étaient pas de Jansenius, mais de Luther et de Calvin1. » Expression très catégorique, indiquant à quel degré ces propositions étaient hérétiques aux yeux du pape, et signalant aux vrais papistes l'attitude qu'ils devaient prendre vis-à-vis du gallicanisme de 1682. Les gallicans de l'école modérée avaient trahi leur ancienne foi par condescendance envers Rome; Rome, non satisfaite de leurs concessions, les rejetait dans un camp tenu pour hérétique soit par les gallicans soit par Rome. Et pendant que le pape traitait ainsi les gallicans de l'assemblée, il prenait la défense des docteurs que le roi avaitexilés comme coupables de rébellion à ses ordres. « On m'a dit, écrivit le cardinal d'Estrées le 4 janvier 1684, que les docteurs exilés avaient écrit ou fait écrire au pape pour le supplier de procurer leur retour et leur rétablissement, et que Sa Sainteté avait dit qu'elle ne pouvait, abandonner des gens qui souffraient pour l'intérêt de Sa Sainteté. L'abbé Chabot, qui tracasse toujours ici, a dit d'ailleurs quelque chose de semblable2. >•)
L'animation entre les deux cours était donc loin de cesser. Le 26 janvier, la congrégation du saint office décidait de condamner d'une manière générale le livre d'un jurisconsulte d'Angers, Fr. de Roye, qui enseignait la supériorité du concile sur le pape, ainsi que les doctrines attachées à cette thèse3. Le 4 février, Louis XIV, de son côté, annonçait au duc d'Estrées qu'il avait décidé, malgré la prière du nonce, de maintenir les maximes du royaume à Douai comme dans toutes les autres parties
1. Servient à Croissy, le 21 décembre 1683 (Correspondance de Rome, t. CCLXXXVl, p. 364-366).