Ibid., t. CCLXXXIX, p
3. Le cardinal d'Estrées au roi, le 27 janvier 1684 (ibid., p. 341- 349).
de son royaume1. Toutefois, il était difficile de saisir exactement dans quelle mesure Louis XIV entendait pratiquer sa politique d'oscillation, et jusqu'à quel point il voulait pencher soit adroite soit à gauche. Ainsi, d'une part, le28janvier, il manda de Versailles au cardinal d'Estrées : « Le pape pourrait se promettre beaucoup de ses intercessions auprès de moi, tant en faveur des docteurs exilés que de toutes les autres choses qui lui seraient le plus à cœur, si Sa Sainteté me donnait, la juste satisfaction que je lui demande sur tout ce qui regarde les intérêts de ma couronne. Mais tant qu'elle laissera tous les évêchés vacants dans le désordre et la confusion où ils sont à présent, elle ne doit pas espérer que je me relâche de ce que j'ai cru devoir faire pour empêcher que le repos de mon royaume soit troublé par des maximes contraires à celles que l'Église de France a toujours suivies2. » Et, d'autre part, le cardinal d'Estrées ayant engagé le roi à ne pas laisser passer la condamnation du livre de de Roye si elle se faisait par un décret spécial du saint office, Sa Majesté, en quelque sorte oublieuse de cette dernière lettre et de sa lettre du 4 février au duc d'Estrées, répondit à Son Éminence : « Et quand même il paraîtrait un décret du saint office, il serait encore plus à propos de le dissimuler que de faire quelque éclat qui n'apporterait aucun changement aux décisions de la cour de Rome, qu'on peut laisser dans ses sentiments sur ce qui regarde l'autorité des conciles et les matières qui peuventrestreindre le pouvoir des papes et qui sont odieuses à la cour où vous êtes. En un mot, il suffit d'être dans des sentiments conformes sur les articles de foi, et l'on peut croire de part et d'autre ce qui convient le pi us en ce qui regarde le gouvernement et la juridiction spirituelle et temporelle. » En marge et à la suite, Louis XIV ajouta : « Je me réserve néanmoins, quand j'aurai vu la teneur du décret, s'il de-