Dépêche du 8 mai 1687 (ibid., p. 34l-3i
3. Le cardinal d'Estrées au roi, le 17 juin 1687 (ibid., t. CCGIV, p. 176-200).
4. Le même au même, le 9 septembre 1687 (ibid., t. CCCV, p. 157- 171).
128 LOUIS XIV ET INNOCENT Xf.
Pendant que le cardinal d'Estrées considérait comme une simple formalité l'adhésion aux propositions de l'assemblée, l'archevêque de Paris en défendait le fond et la Sorbonne refusait le bonnet de docteur au recteur Berthe. On en parlait quelque peu à Rome l.
Les théologiens ne manquaient pas en France pour réfuter les livres erronés qui venaient de Rome et qui exagéraient la puissance des papes. M. de Callières, entre autres, s'offrit k Croissy pour faire cette réfutation 2. A Rome, l'abbé d'Hervault, auditeur de Rote, enseignait «' qu'il n'y avait pas d'autre moyen que le concile général pour terminer les différends », et que, par conséquent, on ne pouvait pas refuser d'y recourir « dans les grandes occasions où une grande portion de l'Eglise n'était pas d'accord » 3. En mars 1688, il assura le cardinal Cibo que les évoques de l'assemblée n'avaient pas voulu «juger », en formulant la déclaration, mais seulement exprimer leur sentiment. Quant aux propositions contraires à celles du clergé de France, « SonEminence, dit-il, voulut me faire entendre quon pourrait peut-être les définir, en me disant qu'on n'avait rien fait jusqu'à cette heure, parce qu'on avait espéré qu'on se relâcheraiten France de quelque chose. Sur quoi je me récriai, en disant pourtant avec respect que je ne doute point que Sa Sainteté n'eût de beaucoup meilleurs théologiens que moi, mais que j'oserais toujours dire franchement, dans le temps qu'il n'y avait rien de déterminé, que ces propositions ne sauraient être définies, parce qu'on ne peut définir que
1. Lavardin au roi, le 25 décembre 1687 (Correspondance de Rome, t. CCCVlI,p. 337-353).
2. Sa lettre est datée de Paris, le 13 février 1688 (ibid., t. CCCXVII, p. 75-76).