Ibid., t. CCLXXIV, p
chapitre étant divisé. Le due s'étonna que le pape eût tant de considération « pour deux ou trois misérables chanoines; » mais le pape répliqua que c'étaient des gens de bien, et que, d'ailleurs, cette affaire était unie à celle de la régale. Le duc se récria, disant que c'était un artifice de ceux qui voulaient embrouiller de plus en plus les affaires £. A la suite de cetteaudience du duc, le pape ordonna aux cardinaux Cibo et de Luca d'examiner cette affaire « pour voir ce qui se pourrait faire. »
Le roi, qui était alors en Alsace, manda de Colmar au cardinal d'Estrées, le 21 octobre, que le refus du pape d'expédier les bulles de Pamiers et de Perpignan ne pouvait que « donner un juste sujet à l'assemblée du clergé de chercher un remède convenable à de si manifestes contraventions au concordat 2 ». Tout en demeurant « dans les bornes d'une patience chrétienne, » Louis XIV résolut de tenir bon contre l'injuste obstination du pape. « Vous pouvez aussi, écrivit-il encore de Strasbourg le 26, faire entendre au cardinal Cybo que, si Sa Sainteté m'oblige d'opposer aux contraventions manifestes qui sont faites de sa part au concordat les délibérations de l'assemblée du clergé de mon royaume, on ne doit pas s'attendre que je veuille en arrêter le cours, ni apporter aucune restriction à tout ce qu'elle entreprendra pour remédier aux abus de la cour de Rome et empêcher que ma couronne et tout ce qui compose l'Eglise de France en reçoive aucun préjudice 3. »
Le 13 novembre, le cardinal d'Estrées écrivit au roi qu'il avait vu et copié la fameuse lettre de Gerles au pape. « La fureur, les exagérations et les faussetés dont elle est remplie, ne donnent pas seulement de l'indignation, dit-il, mais de l'horreur. » Après une telle lettre, le
l.Le duc d'Estrées au roi, le 22 octobre 1681 (Correspondance de Rome, t. CCLXXII, p. 275-310).