Dépêche du 1er mars 1683 {ibid., t. CCLXXXV, p
ses nonces et à ses théologiens pour faire condamner les décisions de l'assemblée et du parlement.
Servient écrivitle 3 août 1083: « On m'assure que le palais tient ici quatre ou cinq Français qui ne paraissent point, qui sont des plus habiles et qui travaillent incessamment. C'est par eux qu'on a fait savoir les quatre vers qui suivent au pape, et qui viennent de Paris:
« Malgré les Pères et la Bible, Notre foi change à tout moment; Hier le pape était l'infaillible, Aujourd'hui c'est le parlement *. »
D'après une dépêche du cardinal d'Estrées au roi, en date du 27 janvier 1681, il se tint, la veille, une congrégation du saint ofiiee, dans laquelle on résolut de condamner, d'une manière générale, sans indiquer de proposition particulière, un livre imprimé à Paris trois ans auparavant, et dans lequel on enseignait la supériorité du concile sur le pape avec toutesses conséquences. Ce livre, dédié à M. Bignon, conseiller d'état, était intitulé: « Canonici juris institut ionum libri très, operâ et studio Francisci de Roye, antecessoris Andegavensis, Parisiis, apud Antonium des Halliers, anno 1681. » Le cardinal d'Estrées, tout en désavouant certaines propositions de ce livre, a opiné pour qu'on ne le condamnât pas, ces matières étant brûlantes. Si la congrégation le mettait simplement à Yindex, il engagerait le roi à n'y faire aucune attention; mais, si on le condamnait par un décret spécial, il lui conseillerait de ne pas laisser porter atteinte aux maximes du royaume, lui rappelant que la cour de Piome « ne sera jamais retenue que parla vigueur des oppositions2. »
1. Correspondance de Rome, t. CCLXXXVI, ler suppl. de 1683, p. 167-171.
2. Ibid., t. CCLXXXIX, p. 341-319, 350-355. On cite, entre autres textes, no i? p. 46; n° 2, p. 75; n° 4, p. 47-49, 57, 72, 78, 92, 225, 357-359.
En 4684, à propos de l'examen qu'on faisait à Rome des volumes de Noël Alexandre en vue d'une condamnation, un des examinateurs, le Père Bianchi, se montra relativement modéré sur la question de l'infaillibilité. Le cardinal d'Estrées s'en exprima ainsi, dans sa dépêche du 2 mai 1684 : « Ce religieux dit que, suivant môme les maximes de cette cour, on ne 'pourrait pas noter ou qualifier la proposition qui regarde l'infaillibilité du pape, parce que les passages de l'Écriture, desquels le saint siège tirait par conséquence l'infaillibilité du pape, n'étaient pas assez clairs, ni la tradition du sens qu'ils devaient avoir assez uniforme pour considérer comme une erreur la doctrine opposée, laquelle d'ailleurs était soutenue par des passages des Pères et par des auteurs si considérables, qu'elle pouvait passer pour notable. C'est ce qu'un théologien nourri dans les maximes de cette cour peut dire de plus raisonnable et de plus sensé. Et ce n'est pas peu qu'il ose se contenir dans ces bornes. Le commissaire du saint office... parle aussi selon ces sentiments ; mais la plupart des autres... tombent dans un excès qui fait en vérité pitié ]. »
Le 18 juillet 1684, le cardinal d'Estrées manda au roi que le cardinal Capisucchi, dominicain acharné contre son confrère le Père Alexandre, venait de publier un livre « digne de sa capacité médiocre ». « Il y a, dit-il, un chapitre sur l'infaillibilité du pape, dans lequel en deux ou trois pages il a réglé toute cette grande question ; il y a des choses si ridicules que ceux à qui je l'ai fait remarquer, ont haussé les épaules ; et, effectivement, il ne s'est rien écrit de si misérable en cette matière2. » Le cardinal d'Estrées joignit à sa dépêche un extrait de cet ouvrage. On y voit que le cardinal Capisucchi s'est demandé « si le souverain pontife peut définir les choses de foi, indépendamment des procédures, des informations