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et des consultations des théologiens, et en vertu de sa seule puissance pontificale suprême, » et il a répondu affirmativement. Pour le prouver, il a cité les textes : Tu es Pierre, etc., Je te donnerai les clefs du royaume des deux, etc., et il a argumenté ainsi : « Puisque dans ces textes il est concédé à Pierre et à ses successeurs une puissance suprême dans l'Église pour déterminer les choses qui appartiennent à la foi et aux mœurs, et cela privément et indépendamment de toute autre garantie humaine, il ne paraît pas que cette puissance doive être limitée et restreinte seulement aux choses déterminées parles moyens, les procédures et les consultations des docteurs, d'autant plus que les mots tu, à toi, toi dans ces textes plusieurs fois répétés, sont très personnels et péremptoires à l'œil même1. » C'est ainsi que le cardinal Capisucchi démontra l'infaillibilité personnelle et absolue du pape. Le 3 décembre, le cardinal d'Estrées revint encore sur cette thèse du cardinal Capisucchi, et dit : « Quant à l'article du cardinal Capisucchi, jamais théologien romain n'a dit tout ce qu'il avance. L'on ne trouvera rien de pareil dans Bellarmin. Ainsi l'on ne peut pas dire qu'il se soit renfermé dans les maximes de cette cour. L'article est très ridicule-. » Déjà précédemment, d'Estrées avait remarqué que Bellarmin était le premier des théologiens qui eût qualifié de schismatiques
1. On lit à la page 379 de cette dissertation : « An summus Pontifex, independenterà processibus, informationibuset consultationibus, ex sola suprema potestate pontificia quâ pollet, possit res definire ? Respondendum est affirmative. » 11 cite comme preuves les textes Tu es Petrus et Tibi dabo, et ajoute : « Cum enim in his locis concedatur Petro et successoribus summa et suprema potestas in Ecclesia, ad determinandum ea quœ pertinent ad fidem et mores, privative et independenter ab ommi alia diligentia humana, non videtur limitanda et coarctanda solum et duntaxat ad ea quœ determinaverit mediis, processibus et consultationnibus doctorum; prœsertim quia dictiones tu, tibi, te, sœpius repetitis in dictis locis, sunt personalissimœ et démonstrative ad oculum. »