Ibid,, t. CCXC, p
et de voisines de l'hérésie (hœresi proximas) l'indépendance des rois et la supériorité du concile, et que, lorsque son livre parut, le parlement s'éleva contre lui avec tant de véhémence que le nonce craignit qu'on ne brûlât cette partie de son livre l.
On lit encore dans la dépêche du cardinal d'Estrées à Louis XIV, le 10 mars 1685 : « Je crois que les livres du Père Alexandre et de Maimbourg ont inspiré au pape de faire prêcher sur cette matière le Père Recanati, comme il fit hier dans sa première prédication du carême, où, laissant à parties moralités que l'Evangile du jour pouvait fournir, il ne parla, dans la première et la seconde partie de son discours, que de l'autorité infaillible des papes dans les décisions de foi, et de sa souveraineté absolue dans tous les jugements des affaires ecclésiastiques... Il conclut toutefois sagement; car, après avoir dit que les papes devaient exhorter, écrire, se plaindre, reprendre et insister fortement, il ajouta : mais que, sans passer plus avant, ils devaient remettre le reste entre les mains de Dieu 2. »
En janvier 1686, le cardinal Mellini, nonce de Madrid, étant revenu à Rome, dit au duc d'EsIrées que les affaires de France seraient vite terminées, si le roi voulait révoquer son édit sur les propositions de l'assemblée de 1682, et il trouva mauvais qu'on ne voulût pas en France que le pape fût infaillible, mais que le roi le fût. Évidemment ce cardinal jouait sur les mots et ne les employait pas dans leur sens strict; car personne en France ne parlait de l'infaillibilité du roi. On y soutenait que le roi et ses partisans pouvaient en certains cas avoir raison contre le papes mais ce n'était point là leur adjuger une infaillibité quel; conque. Le duc d'Estrées lui répondit, ce qui était élémentaire, qu'il y avait une différence entre les chose-
1. Dépêche du 18 juillet 1681 {Correspondance de Rome, t. CCXC, p. 315-326).