Ibid., t. CCLXXXI, p
vicario). Le 4 novembre, la faculté de théologie de Paris les censura; et, comme il refusa de se rétracter, le roi le fit expulser à vingt lieues de Paris. Malagola envoya naturellement ses thèses à Rome et s'y donna le titre de chevalier de la sainte inquisition (sanctœ inquisitionis eques). La conduite de la faculté fut approuvée dans toute la France *.
Dans les documents de 1688 se trouve un fragment d'un discours prononcé par un archevêque français contre l'infaillibilité du pape2. En outre, l'appel au futur concile, formulé cette même année, contre les jugements injustes du pape, est un fait non moins significatif que notoire3. Nous reviendrons sur ce dernier fait, en étudiant la caractéristique des doctrines gallicanes à cette époque.
Dans sa dépêche du 12 janvier 1689, le cardinal d'Estrées raconta ainsi au roi sa dernière conversation avec le pape sur l'infaillibilité : « Je crus lui devoir dire qu'il n'y avait point de lieu dans l'Eglise où l'on fabriquât de nouveaux dogmes de foi ; que les vérités chrétiennes étaient contenues dans les livres sacrés et dans la tradition; que l'Eglise les déclarait, quand il était nécessaire, et condamnait les erreurs opposées; mais que, pour déclarer un dogme, l'église ne l'avait jamais fait, quand la tradition n'était pas unanime de siècle en siècle ; et que, lorsque le partage des saints Pères, où l'on doit chercher le dépôt de la tradition, rendait les questions obscures ou douteuses, la prudence de l'Église la portait toujours à s'abstenir d'une décision et à laisser aux chrétiens la liberté de la créance; que, par cette raison, quoiqu'un excès de dévotion pour la sainte Vierge eût porté presque toute l'Eglise à décider sa conception immaculée,
1. Document du 13 novembre 1682 (Correspondance de Rome, t. CGLXXXII,p. 57-58).
2. Ce fragment commence par ces mots : « L'Église de France n'a jamais cru, » et finit par ces autres : « Leonem decimum. » (Ibid., t. CCCXX, 4e suppl. de 1688, p. 123-126).