‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 91 sur 373 · Ibid., t. CCCXX, p. 127-U · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCCXX, p. 127-U

cependant les sentiments opposés de saint Augustin et de saint Bernard avaient porté Sixte IV à remettre cette opinion dans des termes plus modérés, par la bulle qu'il en avait publiée et que le concile de Trente avait approuvée sans vouloir passer plus avant. Je lui fis ce discours par rapport à l'impression que quelques théologiens lui ont donnée qu'un pape, ayant consulté des docteurs et tenu des congrégations, peut faire des définitions infaillibles, et par rapport aussi aux choses qui se passaient cet été, quand sur l'avis de Schelestrat il prétendait déclarer des hérésies. » Le pape, en entendant cette leçon de théologie élémentaire, tergiversa et ne voulut rien conclure. « D'où je tirai une conséquence assez vraisemblable, ajoute le cardinal d'Estrées, qu'il ne songeait qu'à gagner du temps, et cependant se mettre à couvert de la venue des troupes 4. »

Toute la théologie gallicane de cette époque sur la question de l'infaillibilité papale, était résumée dans cette page du cardinal d'Estrées. Il y insinuait au pape, aussi clairement et aussi explicitement que possible, que faire de cette infaillibilité un dogme, c'eût été « fabriquer un nouveau dogme », et se mettre en opposition manifeste avec les livres sacrés et avec la tradition unanime. Il y rappelait habilement la modération de Sixte IV et forçait Innocent XI à comprendre le contraste et la leçon.

Innocent XI comprit effectivement, tergiversa et ne fit aucun dogme nouveau. Malheureusement, un de ses successeurs, Pie IX, qui connaissait la théologie moins encore, et qui, jaloux de son infaillibilité personnelle, inconditionnelle et absolue, détestait plus encore que lui les quatre articles de 1682, passa outre. Leur esprit était le même; chez l'un et chez i'autre, mêmes visées, mêmes ambitions, mêmes enthousiasmes, et aussi même ignorance et même genre de mysticisme. Si Innocent XI

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