THEOLOGIENS ROMAINS ET DOCTRINES ROMAINES
Ce que les dépêches diplomatiques contiennent sur les théologiens romains pendant le pontificat d'Innocent XI, donne une idée assez médiocre de l'état de la science théologique à Rome à cette époque. Nous avons déjà vu le peu de cas que l'on faisait des connaissances du pape même, qui passait pour n'avoir, malgré son habileté diplomatique, qu'une ignorance crasse des questions doctrinales et historiques. Il en était généralement de même des personnages les plus marquants de la curie. Ce qui les dirigeait, ce n'était ni la vérité ni l'amour de la vérité, mais l'intérêt, dût-il être soutenu par l'extravagance et le mensonge. Or, avec un tel esprit, la véritable science était impossible.
Dans tous les ordres de choses comme en matière de foi, les théologiens romains n'avaient qu'un seul critérium : rejeter comme erroné tout ce qui combattait la suprématie papale, admettre comme vrai tout ce qui la favorisait. Tonte leur science était là. « Votre lettre, répondait Bossuet à l'un de ses correspondants, me fait une peinture de l'état présent de la cour de Rome qui me fait trembler. Quoi! Bellarmin y tient lieu de tout et y fait seul toute la tradition1!» Rien de plus exact que ce jugement. Aussi