‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 104 sur 473 · Ibid., t. CCLXXXVIII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXXVIII, p

docteur qu'à la condition de signer les propositions de l'assemblée du clergé, Sa Sainteté s'emporla tellement que le cardinal Cibo ne put assez le représenter au duc d'Estrées1. — A la fin d'octobre 1683, le cardinal Pio tenta de justifier auprès du pape l'usage que l'empereur faisait de son argent; mais, dit le duc d'Estrées, « le pape sur cela se mit dans une telle colère, et parla au cardinal Pio avec tant de véhémence, que son maître de chambre, pour empêcher que l'on n'entendît ce que Sa Sainteté disait, fit sortir tous ceux qui étaient dans l'antichambre la plus proche, et même les domesliques qui doivent demeurer en ce lieu-là2. » Au mois de décembre, dans une audience accordée à l'abbé Scarlati, le pape se mit « comme en furie » contre les Espagnols et les Autrichiens, à propos de questions de guerre et d'argent3. En mai 1684, à propos des affaires de Gênes, « le pape surtout, après avoir joué la comédie dans l'audience de M. l'ambassadeur, s'emporta dès le lendemain dans celle qu'il donna au cardinal Spinola, gouverneur de Rome, et son chagrin échappe presque dans toutes les occasions. » C'est le cardinal d'Estrées qui s'exprime ainsi dans sa dépêche du 27 mai 16844. Au commencement de 1688, le pape, ayant appris que M. de Lavardin était allé à la messe à Saint- Pierre, ressentit « une émotion plus vive que si on l'eût déposé du saint-siège; son visage languissant en devint rouge, ses yeux s'enflammèrent, et il cria plusieurs fois: Cela ne se peut' ! » Dans sa dépêche du 15 mars 1689, le cardinal d'Estrées manda au roi que le pape, en parlant a M. Porter et à l'ambassadeur de Boulogne, s'était laissé aller à une telle colère qu'il en était tombé malade, et que sa fluxion de la main droite était passée à la gauche6.

t. Le duc d'Estrées au roi, le 19 octobre 1683 {Correspondance de Rome, p. 285-298).

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