Ibid., p
permettait à la reine de Suède de faire jouer au théâtre du collège des Pères Sommasques, fondé par Clément VIII, qu'autant qu'il n'y aurait d'autre femme que la princesse de Rossane, seul reste de la maison de Clément VIII ; et encore la permission ne portait-elle que sur la comédie que le prince de Palestine avait fait représenter pour les noces de son fils. La princesse, mécontente, essaya de désobéir, mais le pape défendit alors toute comédie à ce théâtre *.
« Le pape, écrivit l'abbé de Servient, a donné des ordres si sévères contre ceux qui mènent des femmes de joie en carrosse de jour ou de nuit, qu'on arrêta, il y a quelques jours, le marquis de Castelforte, bien que protégé de l'ambassadeur d'Espagne... Le lendemain on arrêta de la même manière le prieur Brancaccio, mais il sut si bien menacer qu'on le relâcha d'abord2. » A la même époque, c'est-à-dire au mois d'août 1678, le pape déclara à tous les cardinaux qu'il désapprouvait que les dames eussent la gorge trop découverte, et il voulut faire des édits pour remédier à cet inconvénient. La reine de Suède, qui cherchait à se rendre agréable à Sa Sainteté, proposa une mode nouvelle et montante, qu'elle porterait elle-même et qu'elle ferait porter à ses dames. Le pape en fut ravi. « Mais, dit encore l'abbé de Servient, les autres dames se déclarent qu'elles ne la suivront pas, et qu'ayant toujours été habillée en homme, ce qui pour une dame n'est pas un habit modeste, elles n'apprendront pas d'elle à s'habiller3. » On lit dans la dépêche du duc d'Estrées du 30 avril 1680 : « Le pape a envoyé quérir les procureurs généraux des ordres, dont il y a des couvents dans ses États , pour leur dire que ceux qui avaient été choisis pour prédicateurs, et principalement à Rome, n'avaient dit la plupart du temps dans les chaires