Corresp., t. CCXLIII, p
cardinal d'Estrées écrivait le 9 juin : « Il faut bien éprouver la foi des gens de ce pays-ci avant que de s'y commettre1. y>
Le conclave s'ouvrit le 2 août et se termina le 21 septembre par l'élection du cardinal Odescalchî, alors âgé de soixante-cinq ans et quelques mois; il dura donc cinquante jours. On peut diviser son histoire en trois parties : la première, qui comprend les négociations préliminaires; la deuxième, qui va de l'ouverture du conclave à l'arrivée des cardinaux français, c'est-à-dire du 2 août au dimanche 30; la troisième, qui commence à l'arrivée de ces cardinaux et se termine à la clôture.
Les premières intrigues signalées par les dépêches françaises sont à la date du 18 mai. La reine de Suède, qui, inséparable du cardinal Azzolini, était au mieux avec Clément X et le cardinal Altieri, et par conséquent au plus mal avec la faction de France, renonça subitement à la résolution qu'elle avait prise de partir pour Hambourg. Le duc d'Estrées interpréta ainsi cette résolution, dans sa dépêche au roi, du 18 mai : « L'on veut que la cause principale de ce changement soit le mauvais état de la santé du pape, parce que, s'il venait à manquer, il serait avantageux pour les Escadronistes et pourle cardinal Altieri qu'elle se trouvât à Rome pendant un conclave; et que ce dernier lui a fait donner quelque somme d'argent pour l'arrêter2. »Le 14 juillet, le pape allant plus mal, le duc manda au roi : « Nous avons songé qu'il serait fort à propos, si Votre Majesté le juge, qu'elle m'envoyât de ses lettres pour le sacré collège et les trois cardinaux chefs d'ordre, François Barberin, Ciboet Charles Barberin, pour leur représenter, en cas que le pape manquât et