Ibid., p
que Votre Majesté n'eût pas reçu la satisfaction du cardinal Altieri qu'elle en doit attendre, qu'elle ne peut souffrir que son frère, son neveu et ses dépendants soient continués, pendant le conclave, dans les charges de général de sainte Église, général des galères, gouverneur du château Saint-Ange et de Civita-Vecchia, et autres qu'ils ont *. »
Le 15, le duc écrivit à Pomponne pour lui demander de l'argent en vue de l'éventualité d'un prochain conclave. Sans prétendre à une telle somme, il lui marqua qu'« il y avait à Rome, pendant l'ambassade de feu M. le maréchal d'Estrées, une somme de 80000 écus, pour être employée, ou une partie, selon qu'il l'estimerait nécessaire, pour le service du roi pendant un conclave2 ». Paroles expressives et pleines de lumière ! Le cas était cette fois d'autant plus urgent, que les cardinaux pensionnaires, auxquels Louis XIV faisait verser une somme régulière pour la défense de ses intérêts, n'avaient encore rien touché de l'année 1674, même à la date du 4 février 1676. Le cardinal d'Estrées l'écrivit formellement à Pomponne à cette dernière date : « Tous les pensionnaires languissent, dit-il, et ont besoin; ils entrent dans l'année 76 et n'ont rien touché de l'année 74 ; je sais que vous y faites tout ce que vous pouvez3. » Le 10 mars, il manda au même que le cardinal Cibo, celui-là même qui devait jouer si finement les Français au profit des Espagnols, était triste de n'avoir pas reçu les deux années de pension qui lui étaient dues, et qu'il fallait les payer le plus tôt possible : « C'est le plus digne sujet, disait-il, que je connaisse dans le sacré collège présentement* ! » Le 14 avril, il insista pour qu'on payât à ce cardinal sa pension, attendu qu'il était dans un grand embarras ma-