‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 15 sur 473 · Ibid., t. CCXLIII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCXLIII, p

tériel1. Le 18 juillet, il revint à la charge, dépeignit la situation gênée de ce pauvre Cibo, les chances qu'il pouvait courir au conclave, et dès lors l'utilité qu'il y aurait à lui payer sa pension échue à la fin de 1675 : <c Cette faveur imprévue, dit- il, le toucherait extrêmement2. »

Pendant que la question de finances se négociait ainsi, le cardinal d'Estrées envoyait à Sa Majesté le dossier des cardinaux papables, afin de le diriger dans son choix. Ce dossier méritant une étude à part, je me bornerai à indiquer ici les noms et les chances des principaux.

On lit dans la dépêche adressée par ce cardinal à M. de Pomponne le 15 juillet : « Nous avtms perdu trois cardinaux que Sa Majesté regardait avec une préférence d'estime et d'affection : Brancaccio, Rasponi et Bona ». Il cite Cybo et Cerri comme «fort distingués des autres. » « Après eux, Caraffe et Litta sembleraient lui être plus agréables. » Le cardinal d'Estrées préférerait le premier au deuxième, mais ne voudrait pas être garant. — Albizzi irait bien aussi, mais c'est une créature d'Altieri. — « Si l'on pouvait se fier aux paroles et aux engagements d'un Romain et peut-être romanesque, on pourrait tout attendre du cardinal Massimi, et même le châtiment du cardial Altieri, s'il ne rentre pas auparavant dans son devoir; mais comment peut-on s'en bien assurer? » — Le cardinal d'Estrées s'est déjà entendu avec Chigi, Rospigliosi et Delfin, qui tous sont opposés à Altieri et dévoués à la France. « Je leur promets, dit-il, qu'ils peuvent se confier sûrement en la protection de Sa Majesté. Le cardinal Chigi me dit encore hier qu'il ne se détacherait jamais de ses intérêts. » Le cardinal Pio a essayé de le gagner par la princesse de Rossane, mais en vain. Altieri lui a fait représenter indirectement que, s'il ne se joignait pas à son parti, il travaillerait à son pré-

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