Ibid., i, CCCXXII, p
3. Mémoire de Servient à M. de Pomponne, envoyé le ^3 septembre 1676 (Ibid., t. CCXLV1I, p. 71-80).
A. Ibid., t. CCLXX1, p. 139-156.
un homme à acheter, même encore en 1688, malgré ses soixante-quatre ans. Le cardinal d'Estrées voulut se l'attacher, et il en indiqua le moyen à Louis XIV, dans sa dépêche du 4 mai 1688. Sous l'influence de Rospigliosi, dit-il, Colonna se serait, laissé aller à des sentiments d'indépendance, et il aurait même refusé les offres des Espagnols. Mais il vient de faire des pertes d'argent, et il est très gêné; et, comme il est très influent dans les congrégations et qu'il pourrait être très utile dans un conclave, le cardinal d'Estrées propose de lui offrir sa bourse comme il l'a fait aux cardinaux Barbarigo et Coloredo; d'Estrées nevoudrait toutefois que se l'attacher secrètement pour qu'il gardât son influence comme cardinal indépendant; il pense qu'une pension annuelle de dix mille livres suffirait, mais « ponctuellement payée. » D'Estrées n'y voit pas d'inconvénient; car le conclave sera prochain, et si Colonna manquait à son devoir, onlui retirerait cette pension ; la perte ne serait donc pas grande1. Le 27 du même mois, Louis XIV répondit de Versailles au cardinal d'Estrées qu'il lui accordait sa demande relative au cardinal Colonna, mais qu'il lui recommandait de bien prendre toutes ses précautions pour que celui-ci s'engageât à concourir « à ce qui serait le plus convenable au bien de la chrétienté et aux intérêts de sa couronne2. » — Quant au connétable Colonna, il menait une vie très déréglée. Servient en écrivit à de Pomponne en ces termes, le 13 juillet 1678 : « Il a passé les dernières nuits de son séjour (à Rome) sans dormir ni presque manger, et il n'est parlé que de ses expéditions amoureuses pendant ce temps-là, soit qu'elles soient fausses ou véritables; on assure que dix pages, de vingtquatre qu'il a, sont ses enfants du côté gauche, qu'il faisait nourrir en divers lieux et qui paraissent sous des noms empruntés3.»