‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 150 sur 473 · Ibid., t. CCLVII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLVII, p

Cardinal Conti. — C'était une créature d'Alexandre VII. Lorsqu'il était gouverneur de Rome, il lui arriva une aventure fort désagréable, que le cardinal d'Estrées raconta ainsi dans son mémoire du 10 juillet 1676 : « Le pape Alexandre Vil, piqué du démêlé qu'il avait eu avec le cardinal d'Esté, qu'il fut contraint d'accommoder avec peu de réputation, et cherchant toutes les occasions de s'en venger, lui commanda de faire pendre en vingtquatre heures un jeune homme et une jeune fille âgée de dix- sept ans, parce que le jeune homme était allé chez elle pendant laquinzaine de Pâques, qui sont desjours où ces sortes de commerces sont défendues, et les sbires les ayant arrêtés, ils avaient demandé secours à un estaffier du cardinal d'Esté qu'ils virent passer, le pape Alexandre fondant celte rigueur ou plutôt cette inhumanité sur une bulle de Sixte V, qui défend, sous peine de la vie, de demander aucune assistance contre les sbires, quand ils font une exécution. Cet ordre du pape, contre lequel tout le monde s'écria, fut exécuté1. » En 1684, le cardinal d'Estrées constata qu'il n'avait aucune chance d'arriver à la papauté ; il était lié avec le cardinal Azzolini et la reine de Suède; mais son frère, le duc Poli, était brouillé avec celle-ci 2. Le 27 septembre 1689, le marquis de Torcy écrivit de Pioine à M. de Croissy que ce cardinal était engagé avec l'Espagne, mais que ses parents, « qui avaient si peu de quoi vivre dans un état convenable à leur naissance qu'il n'y avait rien qu'ils ne fissent pour en trouver les moyens », lui avaient fait entendre qu'ils prendraientavec la France a toutessortes d'engagements,» pour assurer l'élection de ce cardinal à la papauté3.

Corsi. — Il est ainsi dépeint par Servient dans son mémoire du 2 juillet 1682 : « Le prélat Corsi, auditeur de la chambre, Florentin, maisfeudataire des Espagnols, a

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