Coiifs/iointance de Rome, t. CCLXXXII, p
et donné une scène encore plus ridicule au public. Il n'est pas concevable combien de discours ce cardinal s'est attirés dans le chapitre de l'ordre de saint François, et j'ai su des particularités étonnantes et fort secrètes sur ses mœurs, son humeur intéressée, ses violences, son érudition superficielle, la solidité de son attachement pour l'Espagne, et les promesses qu'il a faites au vice-roi au cas qu'on le puisse élèverait pontificat; ces particularités semblent mériter quelque réflexion, quelque notion différente qu'on en pût avoir d'ailleurs1 . »
Le cardinal d'Estrées, qui chercha à l'innocenter et qui crut à la modéralion de ses idées théologiques, le nota ainsi, dans son mémoire du 14 juillet 1084 sur les sujets papables : « Sa facilité n'est point trompeuse ni affectée. Il passait pour un grand théologien avant son cardinalat, mais non pas pour un grand politique, et n'était recommandable que par ses études et sa douceur. Mais on l'a jugé depuis encore moins propre pour les affaires. Sa conduite même, accompagnée de quelque variété ou ingénuité monacale, quoiqu'elle ne procède pas d'un méchant fond, a plutôt diminué qu'augmenté sa réputation. Ses ennemis, qui l'ont cru peut être plus papable qu'il ne l'était, parce qu'il se le croyait trop lui-même, ont tâché de lui nuire auprès du pape sur le choix de ses domestiques et surde certaines imprudences innocentes{\) Le cardinal Chigï, son appui, en parle toujours avec beaucoup d'affection... Le fond de sa bonté étant assez connu aurait plus avancé ses intérêts. 11 a continué de bien agir pour les affaires de France, et sera toujours prêt de contribuer à leur accommodement; mais le pape lui donne peu de créance2. »
Cardinal de Luca. — Innocent XI, dont il fut un des conseillers intimes, le fit cardinal en 1081. Favoriti, les
1. Correspondance de Rome, t. CCLXXXVI, l*1 suppl. de 1683, p. 120-121.