Ibid., t. CCCIV, p
générales des Bassadonna, des Carpegna, des Cerri, des Chigi, des Ginetti, des Maidalchini, des Pamfili, des Sacchelti, des Mellini, des del Gindice, des Vaini, des Valati, des Olgiati, etc. ; ce machiavélisme d'un Bonvisi, celte ruse éhontée d'un Casauatta, d'un Favoriti, d'un Casoni ; cette duplicité d'un Facchinetti, d'un Giori, d'un Spinola (cardinal de Sainte-Cécile); cette jalousie et cette haine d'un Gabrielli et d'unGallio contre Altieri, d'un Ludovisio, d'un Casanatta, d'un Capizucchi contre Lauria, d'un d'Estrées contre Azzolini, tous se déchirant à belles dents, se lacérant à qui mieux mieux, vipère contre vipère, renard contre renard, hyène contre hyène. Telle fut la curie d'Innocent XI. Si encore tous ces types vicieux, monstrueux, galeux, étaient pris çà et là dans l'histoire entière de la papauté, et accumulés à dessein pour produire un effet cherché! Mais non. Ce sont les cardinaux et les prélats qui formaient la cour et le conseil d'un seul pape, d'un de ces papes dont Rome s'enorgueillit encore davantage; ce sont leurs faits et gestes d'après les témoins oculaires et auriculaires, d'après les ecclésiastiques, les cardinaux mêmes. On le voit, à part quelques prélats d'une vertu ordinaire, le reste se résume forcément en deux mots : égout, dégoût. On s'étonne dès lors qu'un historien ait pu appeler le sacré collège la plus haute école de diplomatie qui ait existé dans le monde; il aurait dû dire la plus fourbe.
Ce n'est pas tout. Après ces détails portant sur des personnes nommées, les dépêches en contiennent d'autres dans lesquels les individus ne sont plus désignés, mais qui n'en ont pas moins une valeur historique très grande et qu'un historien impartial ne saurait négliger.
Le Ier janvier 1682, Servient écrivit à M. de Croissy un curieux mémoire, se terminant par cette sentence : «Les Italiens se croient tout permis pour parvenir à leurs fins1. » Le même écrivit à Pomponne, le 27 août 1678 :