‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 185 sur 473 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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Les cardinaux de Rome n'étaient ni moins superficiels ni moins légers. Servient raconta, le 13 juillet 1083, que, le vice-roi de Naples ayant fait venir jusqu'à la douane du Tibre un petit bâtiment « fort doré et fort ajusté » qui excitait la curiosité, on s'était porté en telle foule au rivage, que quatre ou cinq personnes s'étaient noyées, et que les cardinaux y étaient allés « quatre à quatre en carrosse. » Le cardinal Kospigliosi, remarque encore Servient, « bien qu'il ne sorte pas pour les fonctions ecclésiastiques les moins pénibles, et bien que le vice-roi soit un ennemi assez découvert, n'a pas laissé de s'y faire porter comme les autres, en sorte que tous ses ennemis ont pris pour une flatterie et une bassesse insigne cette action de civilité1. »

Innocent XI était parfois lui-même consterné de cet état de choses. Dans l'audience qu'il donna le 30 octobre 1684 au duc d'Estrées, il lui avoua qu'il ne comprenait pas comment les papes n'étaient pas effrayés du compte terrible qu'ils auraient à rendre à Dieu, et qu'il demandait au ciel de mourir le plus tôt possible pour abréger ce compte. Le duc l'ayant pressé de faire une promotion de cardinaux, il répondit « qu'il fallait voir ce que Dieu lui inspirerait pour sa gloire et pour son service, et que ce n'était pas une petite affaire que de créer des cardinaux2. » En juin 1685, Innocent XI confia à un religieux espagnol qui le répéta au cardinal d'Estrées, qu'il « ne pouvait se fier à personne \ » qu'il avait été même tenté d'ôter sa charge d'auditeur à M. de Luca, un de ses conseillers intimes, et « de le chasser du palais ; » et que « les espérances du pontificat renversaient la tête à tout le inonde*. » Il ne restait donc guère de place à la piété. Déjà, au commencement de son pontificat, Inno-

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