‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 186 sur 473 · Correspondance de Rome, t. CCLXXXVI, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLXXXVI, p

2. Le duc d'Estrées au roi, le 31 octobre 1684 (ibid., t. CCXCII, p. 312-32 i).

3. Le cardinal d'Estrées au roi, le 5 juin 1685 (ibid., t. CCXCIVV p. 75-90).

232 LOl'IS XIV ET INNOCENT XI.

cent XI avait cru devoir prier les cardinaux de réformer ieur façon d'assister aux offices religieux. « On leur en a dit autant, écrivit Servient à Pomponne, afin qu'ils ne disent plus le bréviaire pendant les chapelles, paraissant indécent à Sa Sainteté que, dans les moindres églises, les chanoines s'appliquent aux fonctions ecclésiastiques, et que les cardinaux, dans les fonctions où le chef des chrétiens est en personne et doit donner l'exemple aux étrangers, n'en fissent pas de même, et ne s appliquassent qu'à discourir ou à dire le bréviaire, regardant ainsi les chapelles où Von dit la messe comme un temps perdu1. »

Il se trouvait même, à Rome, des prêtres « faiseurs d'avis secrets, » qui envoyaient leurs médisances, leurs mensonges, en un mot leurs matières anonymes, à des gentilshommes, à des marchands, voire même à des prélats, « soupçonnés de les répandreensuitehorsde Rome2. »

En présence de telles mœurs, en face de tels personnages, qui, d'une part, se donnaient au public comme les défenseurs de la moralité, les modèles de la religion, les colonnes de l'Église de Dieu, les saints observateurs delà virginité, les hommes voués spécialement au désintéressement, à l'humilité, à la sainteté, en un mot les hommes de Dieu, et qui, d'autre part, se livraient à peu près à toutes les exploitations et à tous les désordres, on comprend le mot du prince Philippe de Savoie au comte de Saint-Maurice : « J'aimerais mieux être un chien qu'un cardinal. » Ce mot fut redit par le comte de Saint-Maurice au pape, et Servient l'écrivit à Pomponne dans sa dépêche du 26 avril 16793.

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