‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 189 sur 473 · Ibid., t. CCLXXl, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXl, p

vit de nouveau : « L'évêché de Bresce (sic) est un des dix de l'Etat de la république de Venise qui sont vacants depuis fort longtemps, et l'on prétend que le principal motif que Sa Sainteté a eu de le remplir, a été un grand scandale arrivé dans un couvent de religieuses de ce lieu-là, où il s'en est trouvé huit grosses enmême temps. L'on n'a pas manqué à Venise et ailleurs de l'attribuer au pape, par la négligence à donner à cette ville-là un évêque qui aurait pu empêcher que ce scandale n'arrivât ou du moins qu'il n'éclatât pas au point qu'il a fait. » Ce fait fut aussi confirmé dans une lettre de l'abbé d'Hervault à M. de Croissy, le 13 juillet de la même année1. Le 2 de ce même mois, Servient avait écrit au même : « Sa Sainteté est toujours plus irritée contre les Vénitiens par la licence des nobles en toutes choses, pour Vabus qu'ils font des religieuses, dont il est arrivé un malhonnête et dernier incident, par tous leurs autres vices et par les nouvelles insultes à ses sujets dans la navigation du golfe2. »

Les moines ont toujours cherché, en Occident, à être exempts de la juridiction des évêques diocésains, et les papes se sont toujours prêtés à cette tactique, qui amoindrissait l'autorité épiscopale à leur profit. Toutefois, de temps à autre, et dans des cas isolés et sans conséquence, quelques papes se sont dissimulés et ont paru agir en sens contraire. C'est ainsi qu'en 1681 le capucin Marco, dont Favorili se plaisait à exagérer les prétendus miracles dans le dessein de frapper l'esprit d'Innocent XI, demanda de publier des indulgences en Flandre indépendamment des évêques diocésains, et que le pape voulut qu'il ne se servît des brefs « qu'avec la dépendance et la subordination des ordinaires3. »

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