Dépêche du 25 avril 1684 (ibid., t. CCXCI, p
le pape loua ce cordelier comme un homme de bien, et ordonna au cardinal Carpegna, vicaire, de faire une perquisition sur la guérison d'un soldat, guérison qu'il aurait opérée miraculeusement, disait-on dans l'entourage du pape4.
Avec sa dépêche du 18 septembre 1685, le cardinal d'Estrées envoya à Louis XIV copie d'une lettre de M . Dirois à l'évêque de Grenoble. Il s'agissait, dans cette lettre, du Père Cusin, religieux de Saint-Antoine. On l'accusait «d'avoir entretenu deux ou trois fois dans l'église, pendant qu'on disait les messes basses, une jeune femme qui avait accouché trois mois après son mariage; » de tenir, en présence de la communauté, i des discours trop libres touchant des femmes. » On lui reprochait, en troisième lieu, que, « trois ou quatre jours après son départ, une femme mal vêtue et qu'on disait n'être pas honnête, l'avait demandé à la porte et quand il reviendrait. » Enfin, il était accusé d'aller souvent seul, comme procureur, dans une vigne que ces religieux avaient hors de Rome, et où des femmes de mauvaise réputation étaient allées le trouver2. — Le 15 mars 1688, le cardinal d'Estrées manda à Louis XIV qu'une grande division régnait dans l'ordre des trinitaires3.
Telles étaient les mœurs monacales dans le milieu romain.
Innocent XI, qui voulait réformer l'Église ou du moins la curie, ne pouvait pas ne pas vouloir en même temps réformer les couvents de Rome. Ce fut un de ses amourspropres. Malheureusement son esprit étroit ne s'appliqua guère qu'à des choses secondaires et superficielles: il chercha plutôt à régulariser l'apparence qu'à corriger la substance même; ses prétendues réformes portent l'empreinte de son esprit méticuleux, et les résultats n'en
1 . Dépêche du même, le 2 mai 1684 (Correspondance de Rome, p. 296-316).