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députés français signèrent à Rome, le 31 mai, un mémoire-protestation, qu'ils adressèrent à l'ambassadeur de France, en priant Sa Majesté de réparer l'injure qui lui avait été faite et de faire rendre aux religieux français leurs droits1. En juin 1685 eut lieu un autre chapitre général des capucins; le Père Macerata y fut élu général, et le Père Recanati procureur général, l'un et l'autre bien disposés en faveur de la France, du moins au jugement du duc d'Estrées-.
Ce parti pris de Rome de faire des ordres religieux la cavalerie légère de la papauté, de dominer les élections aux postes supérieurs, d'imposer aux électeurs soit indirectement soit par ordre formel des choix faits parle pape même, ne fut pas moins visible dans les affaires des dominicains et des carmes. En voici l'exposé d'après le récit des dépêches.
Le duc d'Estrées écrivit, le 8 juin 1677, à Pomponne, qu'on venait d'élire général des dominicains le père Monroy, fils d'un Espagnol et d'une Indienne, et né dans Mexico. « Il me vint voir, dit-il, trois ou quatre heures après avoir baisé les pieds à Sa Sainteté, et, en arrivant dans ma chambre, il se mit à genoux devant moi, me disant : Depono ad pedes tuos generalatum meum si potest displicere régi christianissimo (je dépose à vos pieds mon généralat, s'il peut déplaire au roi très chrétien.) Au milieu de la conversation il fit et dit encore la même chose deux fois. Il me parut un homme fort simple, comme effectivement il l'est. Il a peine à parler et ne s'explique pas trop bien en latin, quoiqu'il y ait deux ans qu'il est ici député pour les couvents des Indes; il n'a pas appris l'italien... Si les dix- huit vocaux français avaient été aussi unis dans le temps du scrutin qu'ils avaient paru l'être auparavant, jusque là qu'ils étaient convenus