Ibid., p
est fort aimé de M. l'ambassadeur d'Espagne et auquel il a grande confiance, m'est venu trouver cette après-dînée de la part de son général, pour me dire que, les deux premières charges de l'ordre étant à donner, celle de vicaire général et celle de procureur général, il avait résolu de pourvoir de l'une des deux un sujet de Votre Majesté, et que, par plus de respect pour elle, il m'en remettait le choix, et que ce général me donnait parole que ce que je désirerais serait ponctuellement exécuté, à quoi il a ajouté qu'il ne pouvait pas dire qu'il vînt de la part de M. l'ambassadeur d'Espagne, mais que tout ce qu'il me disait était avec sa participation et son agrément, que cet ambassadeur souhaitait si fort que je fusse satisfait, qu'en cas que je choisisse la charge de procureur général, qui avait été destinée, parce que le pape V avait ainsi désiré, au père Ruffo, Napolitain, frère du feu duc de Soria, il lui commanderait de s'en désister, en cas qu'il ne le voulût de bonne grâce, et qu'ainsi on le ferait vicaire général. Je l'ai remercié des honnêtetés de M. l'ambassadeur et de son général1. » Il est évident que le parti espagnol voulait se faire pardonner les intrigues de sa victoire; mais, d'autre part, n'était-ce pas une nouvelle ruse, concertée entre le pape et l'ambassadeur d'Espagne, pour compliquer de nouveau les affaires, pour faciliter au pape de nouveaux empiétements et pour lui fournir une nouvelle occasion d'hum ilier la faction de France?
Le 28 juillet, l'abbé de Bourlemont écrivit à Pomponne que l'office du procureur général des dominicains avait été donné à un Napolitain, le Père Ruffo; que, le général étant ce qu'il était, les deux premières charges de cet ordre étaient au gré des Espagnols; et que, le Père Monroy ne devant pas sortir de Rome de sitôt, il ne saurait être question d'élire un vicaire général 2. Le 6 août,