Ibid., t. CCLIV, p
représentai que Votre Majesté ne pourrait plus souffrir que ses sujets demeurassent sous Fobéissance d'un général qui avait si fort manqué de parole, lui proposant que, si Ton ne faisait un Français vicaire général, il était de la justice qu'elle accordât aux dominicains sujets de Votre Majesté un commissaire général, ainsi que les recollets en avaient un, et elle me témoigna de vouloir voir ce qui se pourrait faire1. » Les menaces du roi déterminèrent le pape à lui donner un semblant de satisfaction, en restreignant les pouvoirs du général, qui parut alors vouloir se démettre de sa charge, mais qui la conserva sur le conseil des Espagnols2.
Comme ce général désirait être reçu en France pour y visiter les couvents de son ordre, il feignit de revenir à de meilleurs sentiments et déclara qu'il consentirait à faire donner à un Français la charge de vicaire ou celle de procureur général3. Mais le cardinal Altieri, de concert avec M. de Luca, auditeur du pape, « traversait toujours cette affaire autant qu'il pouvait, pour faire tomber avec le temps la charge de vicaire général à un Père génois, nommé Gentile4. » Le 2 avril 1680, le duc d'Estrées manda au roi que le pape consentait bien à ce que la charge de procureur général fût confiée à un religieux français, mais qu'il en excluait le Père Cloche, candidat de Sa Majesté, et qu'il avait fait cette exclusion sous l'influence du cardinal Altieri5. Quand le fil semblait se délier d'un côté, il se renouait donc de l'autre.
En même temps, le Père Guzman s'efforçait, de concert avec le cardinal Azzolini et avec Favoriti, de multiplier