Dépêche du 25 juin 1686 {ibid., t. CCXCIX. p
pagne fat très irritée de l'élection du Père Cloche1. En juin 1687, le pape devint tellement furieux contre le vice-roi de Naples, qu'il chassa de Rome le Père Guzman, qui y était resté chargé de sa confiance et de ses affaires. « La reine Christine, qui voyait ce Père quasi tous les jours, a voulu qu'il soit parti dans un de ses carrosses et lui a donné de l'argent pour s'en aller à Naples2. »
ni
Les affaires des carmes ne furent pas moins intéressantes que celles des dominicains et des autres religieux. C'est toujours, de la part du pape, la même ambition et la même domination, et, de la part des religieux, le même servilisme et les mêmes passions.
Il y avait à Paris un carme de réputation, le Père César, Lorrain et hostile à Louis XIV. Le roi en écrivit de Versailles au cardinal d'Estrées, le45janvier 1683, lui disant que ce Père entretenait des intrigues, à Rome, avec deux autres carmes déchaussés, le Père Adéodat, Milanais, et le Père Charles, de la province de Bourgogne, tous deux définiteurs généraux; que ces deux religieux avaient des a sentiments dépravés; » et qu'il voulait qu'on les empêchât « par toutes sortes de moyens » de parvenir au généralat de leur ordre3. Le 11 février, le cardinal répondit au roi qu'en effet ces carmes intriguaient contre Sa Majesté, mais que, d'après le témoignage du Père Dominique, confident du général, le religieux qui avait le plus
1. Le duc d'Estrées au roi, le 23 juillet 1686 (Correspondance de Rome, t. CCCI, p. 139-149).
2. Le cardinal d'Estrées au roi, le 1er juillet 1687 (ibid.,t. CCC1V, p. 250-266).