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de chances d'être élu général était le procureur général, Avignonais favorable aux intérêts de la France. A l'occasion du mal que ces religieux se permettaient de dire contre Sa Majesté, le cardinal d'Estrées ajouta simplement : « Clément XIII fit pendre un homme qui, dans une boutique, par une rage abominable, avait frappé d'un coup de poignard un portrait d'Henri IY, disant qu'il était au désespoir de n'en pouvoir faire autant à l'original1. »
Le 41 mai 1683, le cardinal d'Estrées manda au roi que le chapitre général allait procéder à l'élection d'un général de l'ordre; que les Espagnols favorisaient l'élection du Père Charles de Saint-Bruno; et que, s'il était élu, il serait bien de lui faire donner un vicaire général à perpétuité pour la France. « Celte rencontre, poursuivit le cardinal, m'a donné lieu de faire quelques réflexions sur l'intérêt qu'aurait Votre Majesté que les réguliers de son royaume ne dépendissent que de supérieurs qui fussent nés ses sujets. » Cette vue déplaisait à Rome2. Une addition à cette dépêche mentionna, d'après une lettre du Père Dominique de la Sainte-Trinité, reçue à l'instant que le Père Charles venait d'être élu par suite de la défection des religieux français, qui avaient voté pour lui, malgré l'avertissement que le cardinal d'Estrées et le Père Charles Félix de Sainte-Thérèse, ex-général, leur avait donné que ce religieux était désagréable à Sa Majesté. Le duc d'Estrées, à la nouvelle de cette élection, ordonna aux carmes français de ne pas reconnaître l'élu et de ne pas assister au reste du chapitre. Les d'Estrées conseillèrent aussitôt à Louis XIV de faire nommer un vicaire général en France pour trois ans et à Rome un procureur général3. Quelques jours après, le duc d'Estrées eut une audience du pape et lui dit que le