I. Correspondance de Rome, t. CCLXXXVII,p
partialité pour les Espagnols que pour les Français, elle lui avait répondu avec aigreur et en haussant la, voix qu'il n'avait pas ordre du roi de lui parler de cette manière et qu'elle avait occasion de s'en plaindre. A quoi elle ajouta que, si M. l'ambassadeur n'eût répondu en s'excusant et représentant la vénération et l'amour qu'il avait toujours eus pour sa personne, elle lui aurait dit librement de ne paraître plus à l'audience qu'il ne fût résolu d'y parler avec la modération convenable1. » On voit par ce détail comment, pour être d'accord avec le pape, il fallait se soumettre à sa manière de voir et ne pas le blesser dans la personne de ses moines.
Le Père Charles fit dire au pape par le prélat Arrichi (sic), auditeur du pape, qu'il voulait renoncer au généralat, si Sa Sainteté l'agréait. Mais le pape, qui conduisait toute l'affaire, répondit, en homme rusé, qu'il n'y voulait pas entrer : « Sti frati ci sono imbrogliati che si spicino,non vogliamo intrar in questo, la congregatione ne giudichera; » et il fit aussi, le 30 mai, la même réponse à son confesseur2.
Louis- XIV ordonna, par une lettre datée du 3 juin, que les religieux français qui avaient voté pour le Père Charles fussent « envoyés tous dans les couvents de la Basse-Bretagne et empêchés d'être admis à aucune charge de l'ordre pendant quinze ans. » Il défendit, en outre, que le Père Charles fût reconnu comme général par aucun sujet français, et il exprima le désir de voir ce Père renoncer au généralat; sinon, le vicaire général et le procureur général qui seraient élus pour les sujets français seraient indépendants de lui5. Mais, par une autre lettre adressée de Monbozon au cardinal d'Estrées, le 19 du même mois, Louis XIV suspendit la relégation des vocaux susdits, en attendant qu'il fût suffisamment ren-