‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 209 sur 473 · Ibid., t. CCLXXXV, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXXV, p

seigné; car il venait d'apprendre que ces religieux se plaignaient de n'avoir pas été avertis de ses intentions1. Le 29, le cardinal d'Estrées averlit Sa Majesté que « les religieux qui avaient désobéi, avaient continué d'agir avec le même esprit de cabale, » et que, d'après une communication du cardinal Gibo, le pape accorderait sans doute, pour les couvents des carmes français, un vicaire général indépendant, mais seulement pour trois ans2. Cependant cette assertion du cardinal Gibo ne paraissait pas très fondée ; car le pape, à cette même époque, tournait toutes les questions qu'on lui faisait à ce sujet, en répondant que l'affaire était remise à la congrégation des évêques et réguliers; il fit cette réponse au Père Charles et au duc d'Estrées3. Le pape imagina encore une autre habileté : sous prétexte de ne pas vouloir reconnaître ce Père Charles pour général pendant la durée du procès, il refusa de le recevoir4; et celui-ci, sachant que le pape ne voulait pas le recevoir, disait qu'il ne pouvait se démettre du généralat qu'après avoir vu le pape 5 ; en sorte que le résultat de ce jeu était que le Père Charles gardait son généralat.

Le 20 juillet, le cardinal d'Estrées envoya au roi les renseignements qu'il désirait sur la prétendue justification des vocaux par eux-mêmes. Il affirma qu'ils avaient été avertis que le Père Charles ne serait pas agréé par le roi et que son élection était prohibée; que cet avertissement leur avait été donné par le Père Dominique Tardy, vicaire général, Français consciencieux, dont le cardinal fait le plus grand éloge et que le pape avait en grande estime; que le Père Slavata, ancien général, l'attestait lui-même;

Page 1