‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 222 sur 473 · Correspondance de Rome, t. CCLXXX, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLXXX, p

bougeait d'avec lui ; le fond du cœur est d'un vallon espagnol; il a quelque pratique des affaires de sa compagnie, ayant été longtemps assistant; mais son mérite et sa capacité paraissent assez médiocres: il paraît avoir du jugement1. »

En recevant cette lettre, Louis XIV comprit sa faute, mais trop tard. Le 31, il écrivit de Versailles au duc d'Estrées : « Je suis surpris d'apprendre que le Père de Noyel, général des jésuites, ait laissé passer un temps si considérable depuis son élection, sans vous rendre la première visite qu'il vous doit, et je ne puis croire encore que l'attachement qu'il a aux intérêts d'Espagne soit assez puissant pour lui faire manquer à ce qu'il doit à ma couronne et au bien de son ordre. » Louis XIV fut trop lent à se convaincre sur ce point, restant sans doute sous le charme de la lettre que ce général lui avait écrite dès le lendemain de son élection, et dans laquelle il lui mandait qu'il faisait dire trois messes pour lui par chaque prêtre de sa société, et l'appelait « l'extirpateur de l'hérésie et le défenseur de l'Eglise, orné de mérites infinis ! » Louis XIV se laissa prendre à ces finesses jésuitiques.

Le 29 juillet, le duc d'Estrées se plaignit de nouveau au roi, en ces termes : « Le Père des Fontaines, jésuite,, assistant de France, m'est venu trouver aujourd'hui, pour m'inviter selon la coutume à la fête de Saint-Ignace. J'ai toujours été à l'église du Jésus les jours de cette fête et les premiers de l'année, et même, pour montrer l'estime et la considération que j'ai pour la compagnie, en cérémonies et en fiocques, ce que je n'ai point fait à l'égard d'aucune autre église, non pas même de Saint- Pierre, de Sainte-Marie-Major, ni de Saint-Jean de Latran, hormis les jours de Sainte-Lucie; mais je n'irai pas après-demain à celle du Jésus pour la Saint-Ignace, à cause du manquement de respect du Père des Noyelles pour Votre Majesté en ne visitant pas celui qui a l'hon-

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