Dépêche du 16 décembre 1687 (ibid., p
Saint-Roch, fort loin de leur maison professe, la croix à la tête comme les mendiants, et le général à la queue. Le voilà bien payé du sacrifice qu'il a fait au pape, en se montrant zélé contre le service de Votre Majesté1. » Le 24 février 1688, Lavardin accusa ce général de tremper apparemment dans les intrigues du cardinal Le Camus, de Lambert de Chambéry et de l'évêque de Vaison2.
Le Père Gonzalès entretint le Père Périer, général des Minimes, dans un sens contraire aux intérêts du roi3. En août 1688, il voulut enlever leur bibliothèque aux pénitenciers français de Saint-Pierre; Lavardin s'y opposa et lui reprocha sa partialité haineuse contre la France4. C'était évidemment un acte d'hostilité, par lequel il espérait plaire au palais; car il laissait aux autres nations leurs bibliothèques propres. Pourquoi cette exception contre les pénitenciers français seulement? Elle était d'autant plus criante qu'elle était injuste; car cette bibliothèque, qui valait environ 20000 écus, avait été achetée par le Père Fabri et payée avec la pension qu'il recevait du roi de France. Lavardin menaça le général d'en avertir Sa Majesté, s'il persévérait dans sa décision3.
Le Père Gonzalès ne se contenta pas de poursuivre les jésuites français administrativement, il combattit aussi les doctrines gallicanes. On lit dans la dépêche du cardinal d'Estrées au roi, le 31 août : « Le général des jésuites va mettre sous la presse un livre qu'il a composé de l'autorité du pape. Il ne faut pas douter qu'il n'y traite de l'infaillibilité et de sa puissance sur le temporel des princes. Casoni l'a porté lui-même au compagnon du feu maître du sacré palais, dont la charge n'est pas encore
1. Dépêche du 6 janvier 1688 (Correspondance de Rome, t. CCGX, p. 7-27).