Ibid., t. CCCXXII, p
de la France entre les mains de l'assistant de France, le Père Fontaine, qui demeurerait toutefois à Rome auprès de lui, et cela jusqu'à ce qu'il eût pu obtenir le consentement d'Espagne, qu'il espère bientôt avoir par la protection de la reine mère, d'incorporer réellement la province gallo-belge... Mais on a raison de douter que tout ceci ne soit un peu captieux1, » Ce jésuite Graneri dont parlait l'abbé d'Hervault, était frère d'un ministre de Savoie, ami particulier de Casoni, et très ennemi des Français et de Louis XIV. Lavardin le tenait pour suspect. « Les jésuites de l'assistance de France, écrivit-il de Florence au roi, le 28 mai, étaient prêts à monter en calèche le 24 pour suivre vos ordres, quand, à 2 heures après minuit, M. le cardinal d'Estrées les envoya arrêter, pour entendre à quelques propositions d'accomodement2.» Et cependant Lavardin certifiait dans cette même dépêche que le pape et le général des jésuites étaient « aussi opiniâtres, déraisonnables et mal intentionnés l'un que l'autre. » Le 4 juin, Lavardin ajouta : « Le Père Graneri a voulu s'égayer et se moquer des jésuites français et de la crédulité du pape; il les a joués huit jours par des propositions vaines et vagues; et enfin ils sont partis, ayant bien vu apparemment que le Père Granieri (sic) ne songeait qu'à les amuser, et que le général des jésuites n'était ni moins opiniâtre ni moins ennemi de la France que le pape. J'ai un avis que ce général balançait, voyant tous les autres jésuites d'un avis différent du sien, mais qu'ayant consulté le pape en une audience particulière, il était revenu plus aigre et plus raide que jamais3. » L'accord de Gonzalès et d'Innocent XI était donc manifeste, et le premier obéissait au second en serviteur docile.
Une partie de l'assistance quitta Rome le 31 mai, et le