Ibid., p
reste le 2 juin1. Le 17 juin, M. de Croissy, qui ignorait encore ce départ, écrivit de Versailles à l'abbé d'Hervault pour lui signifier que l'ordre du roi était que les jésuites partissent immédiatement, s'ils ne l'avaient déjà fait, « leur plus long séjour à Rome ne pouvant servir qu'à confirmer leur général dans son opiniâtreté2. »
Tels furent les débuts du Père Gonzalès dans son généralat.
Etant données l'influence du papesurle général et l'influence du général sur ses subordonnés immédiats, ceuxci durent naturellement prendre, dans les affaires de France, une attitude hostile. Le jésuite Gataneo, secrétaire général de la compagnie en 1676, est à peu près le seul qui se soit présenté au duc d'Estrées comme dévoué à la France; à l'en croire, il aurait prêché àSaint-Pierre, sous Urbain VIII, un sermon qui aurait fort piqué les Espagnols3. Il y a, au tome 246 de cette Correspondance de Rome (p. 245-260), des papiers concernant un projet de traité entre l'abbé Servient, le prélat Spinola et ce PèreCataneo; mais n'était-ce pas une de ces mille intrigues, dont les jésuites furent si prodigues et par lesquelles ils dupèrent ceux qu'ils affectèrent de traiter en confidents? Quoi qu'il en soit, les dépêches diplomatiques ne mentionnent guère à Rome, sous Innocent XI, que des jésuites partisans des idées romaines. Le Père Pierre Poussines, en obéissant au duc d'Estrées, qui lui avait ordonné de lui faire rapport sur ce qui s'était passé à l'académie secrète de la reine de Suède le 25 juillet 1677, se borna à mentionner en simple historien, et sans manifester aucun sentiment personnel, les attaques du Père Lupus contre la France et les répliques qui y furent faites; cette abstention, en une telle circonstance, était
1. L'abbé d'Hervault à M. de Croissy, le 31 mai 1689 (Correspondance de Rome, t. CCCXXVI).