‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 238 sur 473 · Ibid., t. CCXCVII, suppl. de 1685, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCXCVII, suppl. de 1685, p

lorsqu'il «alla présenter son ouvrage à Sa Sainteté, ce Père essaya de défendrele Père de la Chaise contre les reproches du pape1, ce qui donne quelque peu à penser sur la loyauté du Père de la Chaise.

En mai 1682, les jésuites de Rome étaient hostiles aux décisions de l'assemblée du clergé de France ; ils blâmaient l'édit du roi, et manifestaient l'espoir d'en obtenir la révocation par le Père de la Chaise; ils pensaient que cet édit n'avait été publié que parce que ce Père était alors à la campagne2 . Au mois d'août, les théologiens de la camarilla, la plupart « déchaînés contre les intérêts du roi, » tinrent des congrégations secrètes, entre autres, chez les jésuites de Rome3 ; c'était chez eux surtout que se tramaient les complots contre le gallicanisme. Un Père Alboni, cousin germain du cardinal Azzolini et correspondant du Père Bertet, servait comme d'intermédiaire entre le cardinal Azzolini et le cardinal Ludovisio, pour entretenir leur amitié et pour exciter le pape contre la cour de France4 . Don Livio avait pour confident, en 1686, le Père Allemani5. Quant au Père Graneri, dont il a été question précédemment, c'était un ami intime de Casoni et par conséquent un adversaire des idées françaises.

11 était donc impossible que le pape, dont l'absolutisme concordait avec le système jésuitique, ne favorisât pas,

1 . Correspondance de Rome, t. CCCIII, p. 366-384. — Il ne faut confondre ce Père Pallavicini ni avec l'archevêque du même nom, archevêque d'Éphèse, nonce en Pologne et crée cardinal en 1686, ni avec l'abbé Pallavicini, dont le cardinal d'Estrées fit plusieurs fois l'éloge, par exemple, dans ses dépêches du 6 août 1686 à M. de Croissy, et du 18 février 1687 à Louis XIV, t. CCC et CCCIII.

2. Mémoire de Servient, le 2 mai 1682 {ibid., t. CCLXXX, p. 330- 333).

3. Mémoire du même, le 9 août 1682 (ibid., t. CCLXXXI, p. 148- 154).

4. Le duc d'Estrées au roi, le 4 septembre 1685 (ibid., t. CCXCVI,

5. Le cardinal d'Estrées au roi, le 3 décembre 1686 (ibid., t. CCCII, p. 121-129).

dans le fond, les jésuites de Rome. Déjà en novembre 1G79, il témoignait une grande confiance à l'un d'entre eux*. Néanmoins l'ambition et la cupidité de cet ordre le rendaient suspect; les ambitieux et les cupides, qui étaient plus nombreux encore en dehors de l'ordre, le jalousaient et cherchaient à lui faire pièce. En 1680, Dorât, archiprêtre de Dax etagentde l'évêque dePamiers auprès de la cour de Rome, dit au Père Cambolas, provincial des carmes de Toulouse : « Si les jésuites n'étaient pas protégés au point qu'ils le sont par le roi, le pape les humilierait à ne s'en relever jamais. Tout le monde leur court sus en ce pays. On a commencé à les détrôner des Indes où l'on a envoyé des brefs fulminants contre eux. Il se trouve des cardinaux qui disent tout haut, en pleine congrégation, qu'il n'y a point de gens plus pernicieux que les jésuites® . » Le 30 juillet 1680, le duc d'Estrées manda à Louis XIV que l'on ressentait très vivement à la cour de Portugal le décret de la Propagande contre les missions et les missionnaires appartenant aux jésuites portugais3 .

Servient écrivit le 31 mai 1681 : « Le prélat Lilta, nommé à la nonciature de Florence, m'a raconté le détail de l'ordre qu'il eut du pape de sortir du noviciat des jésuites, où il se préparait à prendre les ordres comme on l'avait fait jusqu'ici, et d'aller à la mission, ce qui prouve Véloignement du pape contre eux'' . » On lit dans la dépêche du duc d'Estrées au roi, le 5 août de la même année : « Le cardinal Casanata parait extrêmement piqué contre le pape, de ce que Sa Sainteté avait témoigné qu'il fallait qu'il fût de son avis touchant la suspension d'un décret de la congrégation du concile, dont il est préfet, en faveur des jésuites, dans une affaire qu'ils avaient avec

1. Lettre de Servient à M. de Pomponne, le 8 novembre 1679 {Correspondance de Rome, t. CCLXI1I, p. 43-50).

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