Ibid., t. CCLXXX, p
4. Le duc d'Estrées au roi, les 28 août, 3 et 10 septembre 1680 {ibid., t. CCLXVI, p. 184-213).
trées crut, d'après quelque renseignement, que le pape en eut du regret et qu'il aurait désiré la réintégration du Père Fabri dans ses emplois; mais, si ce regret exista, il resta sans effet, et le duc en fut pour sa crédulité1. Le 14 avril 1681, le cardinal d'Estrées justifia ce Père auprès du pape, qui l'accusait d'avoir écrit une lettre latine hostile aux doctrines du palais2. Le 2 mai 1682, l'abbé Servient prit aussi sa défense contre les jésuites de Home, qui témoignaient de leur confiance en lui et au Père de la Chaise pour faire révoquer l'édit du roi relatif aux décisions de l'assemblée du clergé. Servient soutint qu'une telle confiance n'était point fondée, que le Père Fabri était un des plus fidèles sujets du roi, qu'il était trop lié avec le Père confesseur pour lui prêter des « sentiments si opposés à sa passion si fidèle et si reconnue pour les intérêts du roi et de l'État3. »
Le Père Fabri était mal avec Favoriti; et quand celuici mourut, il affecta de triompher publiquement de cette mort et de dire qu'il fallait publier sa vie, ainsi que les mémoires de La Borde. Le pape en fut outré de colère 4. Un religieux nommé Federici, de la congrégation de Saint Philippe de Néri à Fano et ami du cardinal Pio, exploita subitement cette circonstance; il vint à Rome exhorter Sa Sainteté à « ne pas se ralentir dans ses bonnes intentions, surtout après la mort de l'abbé Favoriti, dont les jésuites et surtout le Père Fabri, qu'il nomma, et les ministres du roi de France en cette cour, triomphent jusqu'à faire passer la mort d'un juste pour un châtiment de Dieu3. » Ce fut cette exhortation de Fe-
1. Le même au môme, le 17 septembre 1680 (Correspondance de Home, p. 214-223).
2. Le cardinal d'Estrées au roi, le 16 avril 1681 (ibid., t. CCLXXUI, p. 212-263).