‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 246 sur 473 · Correspondance de Rome, t. CCXLVII, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCXLVII, p

vu ce qu'ils devaient donner secrètement. L'on a fait arrêter un juge criminel qui a fait des injustices horribles: l'on dit qu'il déclare d'étranges choses. On recherche une partie de 80 ou 100 000 écus qui est égarée. Nerli, qui était ci-devant dépositaire du trésor de la chambre, en est eh grande frayeur. Enfin, sans que le présent gouvernement témoigne vouloir la mort du pécheur, en ôtant les abus il met d'étranges choses en évidence. Le cardinal Altieri sera obligé de dépendre de ce pontificat-ci, qui, sans le rechercher nommément, aura en main de quoi le perdre, quand il voudra. On croit qu'on le tiendra toujours dans cette appréhension, afin de prendre avec lui et avec sa faction des mesures pour l'avenir1. »

Mais tous les moyens employés par Innocent XI et par le cardinal Cybo ne furent pas de cette nature. Le pape économisa sur la vie des cardinaux pauvres, et laissa, par exemple, le cardinal Taya mourir à peu près de faim2; il économisa aussi sur plusieurs officiers nécessiteux qu'on avaitjusque-là secourus3. Le cardinal Ottoboni lui fit même, en septembre 1687, un reproche public de la faim qu'il imposait à plusieurs membres du sacré collège4. C'est à peine s'il donna le nécessaire à ses nonces; ainsi, le 13 juillet 1683, Servient écrivit à de Croissy que des bruits* couraient à Rome sur la « trop grande économie » du nonce envoyé en France5. Il est vrai que les nonces, une fois à leur poste, réalisaient des bénéfices considérables et pouvaient se passer des subventions de la chambre : par exemple, d'après un mémoire envoyé au roi le 17 août 1677 par le ducd'Estrées, « le seul cardinal Bonelli,tous

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