‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 254 sur 473 · Dépêche du 15 mai 1680; (ibid., t. CCLXV, p · texte numérisé non relu

Dépêche du 15 mai 1680; (ibid., t. CCLXV, p

peuvent plus vendre leur blé ni en payer leurs dettes, à moins que le clerc de chambre ne le veuille bien recevoir environ la moitié du prix qu'il le vend ensuite aux boulangers. » D'après l'intention du pape, cet ordre semblait devoir durer toujours ; aussi le peuple en était-il fort irrité, et, ajoute le duc d'Estrées, si le pape sortait, le peuple le lui ferait savoir1.

Huit jours après, le duc revint sur ce même sujet, et signala au roi un tel mécontentement de la part du peuple, contre l'ordre papal concernantle blé, qu' «il pourrait bien, dit-il, arriver quelque désordre 2. » Le 3 septembre, il ajouta : « Je tiens toujours fort difficile qu'il n'en arrive quelque désordre considérable3. » D'après sa dépêche du 15 octobre, plusieurs boulangers fermèrent boutique, à cause de cet ordre, qui était, de l'aveu même du cardinal Cibo, « contre la réputation du pape4. »

D'après Servient, à la date du 23 octobre, l'affaire des blés et des boulangers « s'échauffait tous les jours ; » c'était, de la part du gouvernement, une véritable « infraction des traités. » De là des pasquinades qui affichaient « le mépris pour le gouvernement. » La dernière avait pour titre : « La destruzzion e sacco di Roma senz' armi, senza soldati, e senza fuoco. » Servient déclare qu'au palais, la bonne foi manquait au dehors et au dedans, et il en impute îa faute à de Lucca et à Favoriti : au premier pour les choses de la chambre, au deuxième pour celles la religion; « ces deux ministres, dit-il, ont les mêmes maximes, quoique désunis entre eux 5. »

Le peuple dut pourtant se soumettre. Il y avait en outre, dans les États du pape, un autre impôt que Ton appelait machinato, « c'est-à-dire qu'avant de pouvoir faire moudre son blé, il fallait avoir payé à la chambre

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