Ibid., t. CCLXXXII, 3e suppl. de 1682, p
affaires romaines non seulement en général, mais sous Innocent XI en particulier1.
Le duc d'Estrées lit savoir au roi, le 4 février 1G83, qu'on disait « contre la personne du pape et le gouvernement certaines choses terribles, » et qu'on déclamait fort aussi contre les cardinaux Pio et de Luca. Pio avait été trésorier de la chambre, et de Luca, secrétaire des mémoriaux et auditeur du pape2. Le 17 juin 1687,1e cardinal d'Estrées écrivit de Rome : « La crainte et l'intérêt se mêlent toujours, ou plus ou moins, dans la conduite des cardinaux;... ils sont puissants partout, mais en ce paysci ils influent dans toutes les résolutions3. » Le cardinal d'Aguire, qui étaitcependantune créature dévouée d'Innocent XI, confia au Père Etiennot, après avoir parlé du pape et de la curie « avec peu d'avantage, » que, « s'il osait, son principal commerce serait avec les Français, qu'il croit plus sûrs et plus honnêtes que les Italiens4. »
De ces aveux et de ces critiques il résulte clairement que l'administration, pendant le pontificat d'Innocent XI, fut défectueuse. Cherchons à préciser en quoi consista cette défectuosité, et quels griefs particuliers les contemporains lui adressèrent. — D'abord, le défaut de principes y fut notoire; tout y était abandonné aux circonstances quotidiennes, et peu importait les moyens, pourvu qu'ils conduisissent au succès. « Les affaires et les sentiments, disait le cardinal d'Estrées, tournent ici comme les girouettes5. » Le 29 janvier 1682, l'abbé de Servient remarqua que, si Clément X avait pu désavouer, même par un démenti public, un ambassadeur français auquel il s'était engagé sept ou huit fois de suite, Innocent XI