Ibid., t. CCGIV, p
4. Le cardinal d'Estrées au roi, le 7 octobre 1687 {ibid., t CCCV. , 314-343).
5. Le cardinal d'Estrées au roi, les 29 et 30 août 1681 (ibid., a L XXIV, p. 237-244).
pourrait très bien faire de même. « Les Italiens, ajoutat— il, sont capables de tout, et leur maxime la plus fondamentale et opposée aux nôtres, est qu'il n'y a rien d'injuste ni de honteux pour conserver sa vie et son autorité1. » A propos d'un décret que le prélat Casali, secrétaire de la congrégation des rites, publia, et dans lequel la France n'était pas traitée selon son rang, le cardinal d'Estrées conseilla à Louis XIV, le 3 avril 1682, de faire donner une correction à ce prélat et de faire menacer l'imprimeur des étrivières; puis il ajouta pour légitimer son conseil : « Ces démonstrations, quand elles ont un fondement légitime, produisent de très bons effets, et rendent les autres plus attentifs à ne commettre pas de pareilles fautes. Elle sont plus nécessaires en ce pays-ci qu'en lieu du monde, où, quand ils ne craignent pas d'être touchés personnellement, le simple chagrin qu'on témoigne contre eux ne leur imprime aucune retenue et ne les contient pas dans leur devoir2. »
Bien que les congrégations aient cherché plus d'une fois, sous Innocent XI, à défendre leurs avis contre celui du pape, cependant, en définitive, le pape a toujours agi en maître et a fait à l'occasion pression sur les cardinaux. En sorte que le dernier mot de l'administration fut le bon plaisir du pape. Entre cent exemples, en voici un que j'extrais de la dépêche du cardinal d'Estrées, du 8 janvier 1689 : « M. Denneval m'ayant mandé qu'on parlait à Lisbonne du mariage de l'infante avec l'évêque de Breslau, et m'ayant sollicité de rechercher si on poursuivait ici une dispense pour lui de l'ordre du sous -diaconat, qu'il présuppose n'avoir reçu que par force, je n'ai pas découvert qu'on eût jusqu'à cette heure rien demandé et rien obtenu de pareil... Mais ce que je peux dire, c'est que, quand un homme de sa qualité recherche ces sortes de grâces et qu'il les prétexte d'un intérêt public, sans même alléguer
1. Correspondance de Rome, t. CCLXXX, suppl. de 1682, p. 69-72.