Correspondance de Rome, t. CCXLVI, p
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3t LOUIS XIV ET INNOCENT XI.
gnifier qu'il ne changeait rien à ses instructions précédentes. Quant à la reine de Suède, elle a été très longtemps mal avec lui; dès lors il n'accepte qu'avec méfiance ses offres, surtout celles d'Azzolin. Cependant le roi envoie au duc deux lettres pour cette reine : l'une est de sa main, l'autre du secrétaire d'État; le duc lui remettra la première ou la seconde, selon qu'elle sera plus ou moins dévouée. Le roi envoie de l'argent pour la pension de Cybo. Il recommande l'union. «Je ne vous dis rien, ajoutet— il, sur l'ouverture que vous me faites touchant quelques cardinaux de la faction d'Altieri, que Von pourrait ébranler par quelques gratifications, parce que je n'ai rien résolu sur ce sujet1. »
Cependant les cardinaux français approchaient. Une lettre du cardinal de Rais à M. de Pomponne, datée de Florence le 21 août, lui mande qu'il est arrivé dans cette ville hier au soir, qu'il ne s'est arrêté nulle part malgré la chaleur, et qu'il quitte Florence en ce moment pour se rendre à Rome lundi (24) ou mardi (25) au plus tard2. Une lettre du cardinal de Bonzi au même, datée de Rome le 29 août, lui dit qu'avant d'entrer au conclave, il veut assurer Sa Majesté de son zèle; qu'il écoutera tout ce qui pourra lui être « insinué ou proposé de la part du cardinal Altieri; » qu'il rapportera tout au chef des cardinaux français; et enfin qu'il désirerait avoir la protection de Pologne, vacante par la mort du cardinal Ursin, sans vouloir toutefois rester à Rome 3.
Dans sa dépêche du 3 septembre, le duc d'Estrées notifia au roi l'entrée au conclave des cardinaux de Rais, de Bouillon, de Bonzi et Maldachin, dimanche (30) après dîner. Le duc les conduisit publiquement jusqu'à Saint- Pierre, au milieu d'une grande foule, qui criait : Viva Francia, Viva papa Rospigliosi! « Il y eut même une
{.Correspondance de Rome, p. 107-108.