Ibid., p
femme, ajoute le duc, qui, mettant presque sa main sur la mienne, me dit : Fate papa Rospigliosi1. »
Avec l'entrée des cardinaux français commence la dernière période de l'histoire du conclave.
Le 2 septembre, au conclave, le cardinal de Retz écrivit à M. de Pomponne une lettre dans laquelle on lit : « Les soins de M. l'ambassadeur et ceux de M. le cardinal d'Estrées ont mis les affaires du roi à un point de considération et de gloire queje ne vous puis exprimer, et il nous' reste sans exagération et sans compliment peu de de chose à faire2. » En vérité, on ne pouvaitètreni moins frondeur ni plus facile à satisfaire; mais, du moins, le compliment était bien tourné et l'amabilité parfaite. Le cardinal de Bouillon écrivit aussi à la même date3.
Le jeudi 3, le duc ambassadeur manda au roi que le cardinal deR.etz a, malgré sa goutte et dès le lendemain de son enliée au conclave, agi avec le plus grand zèle; qu'on a résolu de suspendre la visite des six derniers cardinaux, ce qui les humilie et les presse de déterminer Altieri à un accommodement avec la France; et qu'au premier scrutin le cardinal de Retz a eu huit vœux, ce qui fut fort remarqué4. — Le même jour, ce cardinal envoya à l'ambassadeur un billet clans lequel il l'avertit que le cardinal Colonna l'a assuré la veille des bonnes intentions d'Altieri envers le roi, et qu'il lui a répondu que le roi était persuadé du contraire, qu'il ne fallait pas songer à justifier le passé, mais à donner «des effets
1. Correspondance de Rome, p. 187-193. Voyez aussi une lettre de l'abbé de Bourlemont, datée du 1er septembre; p. 181. --!• Ibid , p. 183-181. ■ 3. Ibid., p. 185-186.
i. Ibid., p. 187-193.
réels, présents et solides. » Colorma affirma que telle était bien l'intention d'Altieri; mais le cardinal de Retz ayant demandé comment Altieri entendait donner ces garanties, Colonna ne put rien préciser1. — Aux pages 200-203 se trouve le texte italien d'articles jurés et signés par les cardinaux dans le conclave.
Ce fut le 4 que Louis XIV prit sa décision, à Versailles. Sa dépêche à son ambassadeur est peut-être la pièce la plus importante de toutes ces négociations. En voici les passages essentiels2 :
« J'ai fort pesé tout ce qui m'a été écrit sur le sujet du cardinal Odescalchi par le cardinal d'Estrées et la manière dont il semble être élevé au pontificat par les vœux unanimes de tout le sacré collège. — J'ai considéré ce que je pouvais appréhender du ressentiment d'un homme à qui l'exclusion de la France dans le dernier conclave a coûté sept ans de pontificat. J'ai regardé en même temps qu'il s'est vu sur le point d'y être porté aujourd'hui par un concours presque général et par [la déclaration que le cardinal Altieri avait faite au cardinal Nitard en sa faveur, sans que Von eût pris aucunes mesures avec le cardinal d'Estrées et avec vous, et sans aucun concert avec les chefs des factions qui me sont unis. — Une conduite si opposée à la juste considération que l'on doit avoir pour moi, m'aurait fait approuver l'exclusion qui aurait été donnée une seconde fois en mon nom à ce cardinal, quelque estime que j'aie d'ailleurs pour son mérite; et vous auriez agi selon mes intentions et conformément à votre zèle pour mon service, en vous opposant à un choix dont vous n'auriez eu aucune participation. — Mais l'état auquel cette affaire a été remise depuis me fait prendre d'autres sentiments. La fermeté avec laquelle le cardinal d'Estrées avait fait connaître que vous empêcheriez