‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 275 sur 473 · Correspondance de Rome, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, p

2. Mémoire de Servient, le 22 juin Uld(ibid., t. CCLXI,p. 89-95),

3. L'abbé de Bourlemont à M. de Pomponne, le 20 avril 1677 (ibid., t. CCLI, p. 165-160.)

ADMINISTRATION PAPALE. 33t>

avant trouvées injustes sur la relation qui lui en avait été faite par le cardinal de Luca, elle l'en a privé et a ordonné k ce cardinal de faire savoir qu'elle ne voulait pas qu'on les payât davantage h Favorili, dont il s'est acquitté en déclarant aux: expéditionnaires l'ordre qu'il avait reçu, et y ajoutant que, si ce n'avait été pour éviter una piazzata, c'est-à-dire une querelle ou vacarme public, on aurait affiché publiquement cet ordre à la Daterie. Nonobstant le traitement que Favoriti vient de recevoir du pape, ses partisans veulent qu'il soit mieux que jamais auprès de Sa Sainteté et même assuré du cardinalat. C'est une matière si obscure et si impénétrable que le fond des pensées du pape, qu'il est très difficile d'en raisonner avec quelque sorte de certitude. »

Les vols de don Livio furent beaucoup plus considérables et beaucoup plus criants ; et, loin de les lui reprocher, le pape, en oncle dévoué, les lui facilita.

Il allait de soi que les demandes de gratis étaient odieuses à la curie. Bien que ce fût un lieu commun, il paraîtrait que, sous Innocent XI, elles le furent plus encore que précédemment; car le cardinal d'Estreés pria Louis XIV d'en diminuer le nombre1. La curie ne voulaitnonplus entrer dans une question de bulle que sur argent comptant; le duc d'Estrées en avertit Pomponne, car l'expéditionnaire Bardet lui déclara expressément « qu'il ne pouvait s'engager dans une sollicitation de bulles, pour lesquelles on ne lui avait pas encore envoyé d'argent2. » Lavardin signala au roi, le 28 septembre 1688, quelques-uns des nombreux abus de la daterie, dans la collation des bénéfices dont le pape avait la disposition; quoique le pape n'eût que six mois de délai pour conférer les bénéfices vacants, en Bretagne par exemple, il se passait souvent

1. Le cardinal d'Estrées à M. de Pomponne, le 17 novembre 1670 (Correspondance de Rome, t. CCXLVIil, p. 65-79).

i. Le dur d'Estrées à M. de Pomponne, le 17 novembre 1676

des années avant qu'il y pourvût, et cela, parce que les officiers de la daterie attendaient qu'on leur fît des présents1.

Les dépêches mentionnent une foule de désordres parmi les employés de toutes les administrations romaines. Par exemple : en juillet 1685, un payeur de la banque de l'hôpital du Saint-Esprit, nommé Paterni, frauda et s'évada, laissant un grand déficit causé « par ses débauches et ses prêts2. » Déjà le 22 avril 1679, Servient avait écrit à Pomponne : a Le cardinal Gastaldi fut condamné hier, dans l'assemblée de la Chambre, à la restitution des sommes qu'il avait tirées pendant sa charge de trésorier pour la prétendue dévolution de Nemy. Le cardinal. Altieriet Zacarie,son confident et commissaire de la Chambre de son temps, y sont intéressés également, mais la somme de Gastaldi est la plus forte3. » Que d'autres ministres de l'administration d'Innocent XI n'aurait-on pas dû traiter de même! Parmi les nouvelles du mercredi 20 juillet 1678, envoyées par Servient à Pomponne, on lit : « On ne parle que de vols, surtout dans les églises; celle des religieuses de Sainte-Cécile fut volée la nuit d'avant-hier; la misère est si grande dans Rome et dans l'État, que ces désordres ne sont pas surprenants. On voit par là la nécessité du népotisme et du luxe qui paraissait auparavant une destruction4. » En vérité, quelle administration que celle où l'on est réduit à considérer le népotisme comme une source de prospérité publique !

Les fondations de messes n'étaient point respectées; car Servient écrivit au même, le 12 octobre suivant : « Le pape a fait publier un édit par lequel il est ordonné à toutes les églises à qui on a laissé des légats (legs) pour des messes de morts, et qui ne les ont pas acquittées

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