‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 276 sur 473 · Ibid., t. CCLVII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLVII, p

dans le temps , de les acquitter clans tout ce mois d'octobre, en sorte que, pour en venir à bout, il en faudra aire plus de 80000 dans ce mois, outre que plusieurs communautés n'ont pas le moyeu d'y fournir dans si peu de temps1. »

L'argent de certains couvents était habilement confisqué ; voici par quel expédient. D'après la dépèche du duc d'Estrées au roi, en date du 3 février 4685, l'électeur de Bavière demanda à la congrégation d'État de pouvoir remplacer les religieux d'un couvent de Saint-Benoit par des religieux de Saint-François, qui y continueraient les mêmes offices et qui y satisferaient à toutes les obligations; et, comme les religieux de Saint-François appartiennent à un ordre mendiant, l'électeur prétendait avoir le droit de les priver, à son avantage, du revenu de ce couvent, revenu qui s'élevait à environ 400000 écus. Or, « la congrégation jugea que Sa Sainteté le lui pouvait accorder -; » et, de fait, Sa Sainteté approuva cette suppression, mais n'accorda tout d'abord à l'électeur que 140 000 écus, « se réservant de disposer du reste selon qu'elle le jugera à propos3. » Sic vola, sic jubeo.

Tous ces vols avaient pour but l'entretien du luxe et la satisfaction des passions. La cour de Rome était, en effet, en proie au luxe et aux désordres qui en découlent, et toute la société romaine, de l'aristocratie au peuple, s'inspirait de cet esprit. Servient flétrit ainsi cet étatde choses, dans son mémoire du 30 décembre 1676: « Dans la continuation du luxe, outre Vimmodestie qui se répand dans cette cour, et le blâme et le mépris des fidèles et des hérétiques, on découvre l'épuisement des familles, et considérables et médiocres, et même de la populace. 11 n'est pas imaginable avec quel soin les grands s'appliquent à faire des carrosses, des livrées et des

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