‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 280 sur 473 · Ibid , t. CCLVII, p · texte numérisé non relu

Ibid , t. CCLVII, p

pape. Mais elle reparut avec une apparente vigueur, si bien que Bourlemont put écrire à Pomponne le 14 décembre 1678 : « Le pape a envoyé aux cardinaux la bulle sur le népotisme, les avisant de lui dire leur sentiment, avant qu'il la publie, ce que l'on croit devoir être au commencement de l'année prochaine1. »

L'abbé de Servient rapporta, le 21 décembre, à Pomponne « un fort bon mot » qu'il tenait du prélat Slusius : « Le pape ruine lesnépotismes futurs pour en établir un présent; en effet on doit la publication de la bulle à l'envie de faire paraître don Livio, et c'est là le fin de V affaire 2. » L'éloge de ce prélat, de la sûreté de son jugement, de la finesse de son coup d'œil, se trouve maintes fois dans les dépêches; et tout ce qui suit prouve l'exactitude de son appréciation, sauf que la bulle en question n'a nullement ruiné les népotismes futurs; elle n'a fait qu'endiguer officiellement le torrent, lequel, sous Alexandre VIII, a de nouveau passé par-dessus bord. A cette même époque, d'après Bourlemont, « le cardinal Barberin faisait difficulté de souscrire la bulle touchant le népotisme, disant qu'il ne pouvait rien faire qui préjudiciât à la mémoire du pape Urbain; les autres neveux des papes se rapportaient à ce que ferait Barberin, leur ancien et le doyen du collège5. » Le cardinal Maidalchini adressa directement au pape son avis sur cette lettre; le texte italien est conservé aux archives diplomatiques4. On possède également le texte italien de l'avis du cardinal de Bonzi, daté du 4 février 1679 3. Le 8 mars, Servient manda à Pomponne que le cardinal Azzolini, pendant une longue audience, avait entretenu le pape des difficultés de cette bulle; puis il ajouta : « Il serait à souhaiter que les cardinaux en fissent tous de même, car cette destruc-

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