Correspondance de Rome, t. CCXLVII, p
2. Servient à Pomponne, le 30 décembre 1676 (ibicl, t. CCXLVIII,
3. Le duc d'Estrées au roi, le 6 avril 1677 (ibid., t. CCLI, p. 100- 110).
Tellement son petit rôle politique : car la camarilla, ne voulant pas le laisser à l'écart, utilisa sou peu d'esprit et ses dispositions ass^z marquées à la duplicité. Il n'eut guère de perspicacité que pour augmenter ses revenus, et de courage que pour saisir le côté du manche quand il ne branlait pas. Au fond, il inclinait, comme son oncle, vers l'Espagne; sa fortune et son éducation l'y rattachaient. Mais il ne dédaignait pas de se tourner du côté de la France et de flatter les d'Estrées, quand il y avait quelque péril à conjurer de ce côté.
Sous la pression des Espagnols, le pape résolut, en avril 1677, de le faire paraître prochainement. « Ces instances-là, dit Bourlemont, plaisent au pape, car il aime ce neveu-là1. » Le prince Ludovisio, frère du cardinal de ce nom, habitait l'Espagne; et c'était sa fille que le marquis del Garpio voulait marier à donLivio. Elle devait avoir de grands biens, et son père devait obtenir du roi d'Espagne que l'État de Piombino lui pût passer après sa mort. Au mois de septembre de cette même année, on disait à Rome que ce mariage était fort avancé 2. Mais les nouvelles de janvier 1678 furent contraires. « On prétend, écrivit le duc d'Estrées à Louis XIV le 11 de ce mois, que le pape ne songe plus tant à une princesse Ludovisio et même que cette affaire ne se fera pas, quoiqu'elle ait 200 000 écus de biens; et comme M. le prince de Palestrine ne peut pas donner une si grande dot à sa fille, le pape pourrait bien songer à une fille du prince Borghese, qui aurait la même somme que la Ludovisio. M. le cardinal Rospigliosi aimerait mieux la Palestrine ; mais, au défaut de celle-là, je ne doute pas qu'il ne fasse ce qu'il pourra pour l'autre, étant fort ami de cette maison. Je ne vois qu'elle en ce pays-ci qui pût égaler la
1. Bourlemont à Pomponne, le 20 avril 1677 (Correspondance de Rome, p. 165-166).